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L’amour sans fin de Jésus a changé sa vie

image: L’amour sans fin de Jésus a changé sa vie
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Alors qu’il était délinquant et sans diplôme, Salah Mokrani a rencontré Jésus et a choisi d’accepter son amour. Un amour inconditionnel qu’il est désormais bien décidé à transmettre à son tour.

«Mais tu ne vois pas quelle tête on a? Nous, on est des Arabes», s’est emporté Salah Mokrani. En effet, un pasteur venait de l’inviter, lui et ses copains, à la projection du film La croix et le poignard où des membres de gangs new-yorkais échappent à leur violence et à la drogue grâce à Jésus-Christ. «J’ai presque commencé à l’agresser, le gars.»

Echec et délinquance
Car l’agressivité, Salah Mokrani la vit depuis longtemps. Né en 1968 de parents algériens, son père s’absente souvent et «ne fait que crier» lorsqu’il rentre. Sa mère, illettrée et submergée, ne parvient pas à aider ses neuf enfants dans leur parcours scolaire. Salah Mokrani se retrouve donc «à la rue, sans diplôme». Avec ses copains, il vole des voitures et cherche des occasions de se battre «pour nous venger des Français qui avaient humilié nos parents». Il vend de la drogue et projette des braquages.
En quête de paix, Salah Mokrani tente une pratique assidue de l’islam, mais ne tient pas. «J’ai tout laissé tomber, j’ai rechuté et je suis devenu pire qu’avant.» Salah Mokrani trouve sa vie dénuée de sens.

L’amour de Jésus
Jusqu’à ce jour de 1987, à Lyon, où ce pasteur l’invite à regarder le film. Malgré ses réactions agressives, Salah Mokrani est interpellé par cette histoire de poignard: «Avec mes copains, on avait toujours des couteaux sur nous.»
Pourquoi cet homme les invite-t-il? Parce que Dieu lui a donné de l’amour pour tout le monde, s’entend-il répondre. Salah Mokrani est interloqué. L’amour, il ne l’a connu ni chez son père absent, ni chez sa mère absorbée par les soucis. Ni même dans sa religion, car comme il l’explique dans son livre Comprendre et aimer les musulmans de France (éd. Viens et vois), «Allah exprime un amour humain, aimant seulement celui qui l’aime.» Or un musulman qui vole, boit et passe ses nuits dans les boîtes ne mérite pas l’amour d’Allah.
Après la projection du film, Salah Mokrani rentre chez lui avec une Bible et dévore les Proverbes: «Ce livre faisait écho à ce que je vivais.» Plus tard, il participe à un camp chrétien. «Je n’avais jamais reçu autant d’amour de ma vie», se souvient-il. Lors d’une réunion, un pasteur prononce une parole qui lui va droit au cœur: «Si tu es là, ce n’est pas un hasard, sache qu’aujourd’hui, c’est le jour de salut pour toi.» Salah Mokrani s’approche alors du pasteur. Celui-ci lui demande s’il croit que Jésus est le fils de Dieu et s’il croit que Jésus est mort pour ses péchés. «Oui, je crois», répond-il.

Changements radicaux
«Pour moi, ça a été un tournant, le moment où Jésus m’a sauvé.» En témoignent ses changements de vie: plus d’alcool, plus de drogue. «Je suis allé voir tous ceux à qui j’avais fait du mal pour leur demander pardon.» Salah Mokrani se fait baptiser et un mois après sa conversion, démarre une année de formation dans un institut biblique.

Ouvrier fervent
Zélé pour raconter la bonne nouvelle de l’amour de Dieu, Salah Mokrani subit des insultes, quelques coups et parfois des crachats de la part de certains musulmans. Mais par la suite, son père verra son changement de vie et deviendra plus tolérant. Sa mère non seulement se convertit à l’âge de soixante ans, mais se fait aussi baptiser.
Aujourd’hui, Salah Mokrani partage sa foi en tenant compte des évolutions de l’islam de France qu’il constate d’abord grâce à son emploi d’éducateur de rue puis en qualité de bailleur social en HLM. Pour lui, l’amalgame «musulman-égal-terroriste» ne reflète pas la réalité de la quête d’adaptation d’une majorité des musulmans de France.
«Annoncer l’Evangile ne relève pas d’une stratégie.» Pour Salah Mokrani, il s’agit plutôt de faire preuve d’amour au quotidien, non seulement dans son emploi mais aussi auprès de son épouse musulmane qu’il chérit et dont il apprécie l’aide pour préparer ses conférences, accueillir les gens, etc.
«C’est quand le pasteur a mis sa main sur mon épaule et a dit “Dieu t’aime” que quelque chose s’est déclenché chez moi»; la puissance de l’amour inconditionnel.

Rachel Gamper

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