Dieu est venu endurer la souffrance avec elle

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Après avoir perdu sa maman, Sophie était déboussolée. Dieu lui a tendu la main et elle a choisi de la saisir.

Sophie, une jeune chrétienne, était en train de se former dans une école de louange en Nouvelle-Zélande quand ses parents lui ont annoncé qu'ils allaient venir la visiter. Malheureusement, la maman de Sophie a été victime d'un arrêt cérébral pendant le voyage et après 24 heures passées à l'hôpital, elle est décédée sans même avoir revu sa fille.

Prendre la fuite
Quand elle a appris la nouvelle, Sophie a été sous le choc. «Je me souviens être sortie de l’école un peu perdue, sans savoir où aller», raconte-t-elle. «On a tous un état d’urgence qui s’active lorsque la vie devient trop difficile. Pour moi c’est la fuite, par n’importe quel moyen possible: l’alcool, les séries, l’isolation.» Alors s’en même s’en rendre compte, Sophie s'est vue envisager les différents bars dans lesquels elle pourrait entrer. «Ce qui est en train de se passer est grave et horrible et j’ai le droit de souffrir. Personne ne peut me blâmer si je choisis de boire», se rassurait-elle.

Au cœur de la peine, Dieu a parlé
Sophie raconte: «C’est à ce moment-là que j’ai entendu sa voix. Je ne l’ai pas entendue de manière audible, mais je l'ai reconnue parmi mes pensées.» Elle poursuit: «Comment Dieu pouvait-il se permettre de me parler? N’est-ce pas lui qui donne la vie et la reprend? Avec un cœur dur, j’ai tendu l’oreille et l’ai entendu dire: ”Oui, c’est vrai, c’est grave et ta souffrance est légitime. Mais je peux t’enseigner une autre manière de la vivre, si tu es d’accord.”» Sophie choisit de faire confiance à Dieu. «A chaque fois que j’ai choisi d’être vulnérable et de faire un pas de foi, ma connaissance de l'amour de Dieu s'est agrandie. C’est sur cette vérité que je me suis appuyée pour dire oui.»

Dieu n’a pas fait disparaître la souffrance
Durant des mois, Dieu lui a appris à faire face à la douleur. Sophie a découvert que l’on peut vivre son deuil sans pour autant laisser la tristesse prendre le contrôle, même si les étapes par lesquelles elle est passée n'ont pas été agréables. «On préfèrerait qu’il guérisse notre cœur instantanément, mais Dieu respecte toujours le temps et les complexités du cœur qu’il a lui-même créé. Il y a eu des périodes de paix et des périodes de tristesse infinie. Il y a eu des fois où j’ai voulu reprendre le contrôle et laisser le malheur gagner mais sa compassion était là à chaque fois. Pas pour me faire oublier la peine ou le manque, mais au contraire pour que j’apprenne à me laisser réconforter.»

Nouvelle force face à l’épreuve
Sophie a longtemps cru que Dieu voulait qu’on soit toujours joyeux et toujours positifs. Elle a ainsi réalisé qu’il n’a pas peur de notre peine, de notre honte et de nos angoisses. Il est prêt à investir les coins sombres de nos cœurs pour y faire briller sa lumière, mais il n’y entrera pas sans nous. La décision nous revient toujours.
Aujourd’hui, deux sentiments demeurent dans le cœur de Sophie. Le premier, c’est une reconnaissance qui ne fait que grandir, envers celui qui lui a fait le cadeau d’une maman extraordinaire. L’amour qu’elle avait pour Jésus et ce qu’elle a planté en elle continuent de grandir et de la porter.
Le deuxième, c’est une nouvelle force face à l’épreuve. Le Seigneur l’a encouragée à apprendre à vivre sa peine avec lui. Elle n’est plus esclave du désespoir. «Je suis libre de choisir un autre chemin que celui de la destruction. Je suis en paix car même quand je voudrais fuir et me cacher, mon Père lui, ne détourne jamais les yeux. Il est prêt à me donner toutes les ressources dont j’ai besoin pour avoir la victoire. Il utilise chaque difficulté ou réussite pour faire abonder vie», se réjouit-elle.

Par Joëlle Lehmann, joelle@just4u.org



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