Captaine Gass voit un horizon sans limite

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Obligé de quitter Madagascar, Seydoux Belazaina est arrivé en Suisse à l’âge de onze ans. Il s’exprime au travers de la musique et t’encourage à aller au bout de tes rêves.

L’enfance de Seydoux n’avait rien d’un fleuve tranquille. Né à Madagascar, il a vu son père être obligé de quitter l’île car menacé de mort pour des raisons politiques. Alors que sa mère et une partie de sa fratrie rejoignent les Comores pour des raisons financières, lui reste chez ses grands-parents. Ce n’est qu’après une douloureuse séparation de plusieurs années que toute la famille peut enfin se retrouver en Suisse. A onze ans, Seydoux couche ses émotions sur le papier et il les chante. «Le rap m’a permis de raconter tout ce que j’avais en moi. Je vivais des changements de culture et je devais trouver ma place. Ce que j’avais à exprimer, je l’ai dit par la musique», se souvient-il.

Une boussole divine
Lorsque Seydoux prend le micro, il devient Captaine Gass. Un nom qui fait référence à son amour pour la mer et les étendues sans frontière, mais aussi à «gass», comme on appelle les habitants de Madagascar. Son île, l’artiste ne l’oublie pas. Mieux, il allie pleinement ses racines à sa vie d’aujourd’hui. «C’est difficile de savoir où tu vas si tu ne sais pas d’où tu viens», relève-t-il. «Consciemment ou non, chaque immigré a quelque chose qui le rattache à son lieu d’origine. En prendre conscience permet de mieux bâtir sa vie.»
D’ailleurs, lorsqu’il passe par des situations difficiles, Seydoux aime repenser à ce qu’il a vécu. Pour relativiser. Mais sa boussole suprême, à Captaine Gass, c’est Dieu. «Il représente tout. C’est lui qui me guide et qui me donne du courage. C’est lui qui place en nous ces rêves à réaliser.»

L’argent ne fait pas tout
La musique coule dans ses veines. Il a sorti des singles, des clips et a donné plusieurs concerts. Les 12 nouveaux morceaux qu’il vient de sortir dans son premier album Loup des mers illustrent les différentes facettes de l’artiste. Ils ne se limitent pas au rap mais voyagent dans des mélodies africaines ou la trap. «Je veux juste restituer mes émotions de la manière la plus vraie», explique-t-il.
Son désir est aujourd’hui d’utiliser ses textes et son flow pour t’encourager à ne pas t’imposer de limites. Dans son titre Nos étoiles manquées, l’étudiant en droit de vingt-quatre ans parle justement de ce qui frémit en toi, de ce qui te passionne. «Ne laisse personne te dire que t’es pas fait pour ça, parce que tu es né pour ça», clame-t-il. «Avoir une maison ou un gros salaire ne nous apportera pas un sentiment d’accomplissement. La seule raison de notre passage sur la terre, c’est offrir au monde ce que nous avons à l’intérieur de nous.» Un beau programme, non?

Par Michael Bassin, michael@just4u.org

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