Votre foyer, votre meilleur champ missionnaire

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Dans notre société, notre maison est devenue une sorte de refuge, un endroit confortable où nous avons le loisir de nous détendre et de nous isoler. Et si ce foyer devenait un lieu où les autres se sentent accueillis, acceptés et aimés? L’hospitalité se cultive au quotidien, pour semer l'amour autour de soi.

«Un soir, mon mari et moi avons accueilli des auto-stoppeurs. Nous leur avons offert le repas et ils ont campé dans notre jardin durant la nuit», raconte Estelle, 22 ans. «Nous avons eu l'occasion de parler de notre parcours de foi. Ils ont été touchés.»
Beaucoup de chrétiens pensent que pour devenir missionnaires, ils doivent accomplir des projets extraordinaires. «Vous pouvez vous impliquer dans la mission divine là où vous êtes, sans quitter la demeure où vous dormez chaque nuit. Il vous suffit d’ouvrir vos foyers et vos vies aux autres», soutient Dustin Willis dans son livre Plus qu’une Eglise... une famille (éd. La Maison de la Bible). Pour lui, ce qui a trait à la vie quotidienne est important et l’hospitalité change notre environnement.

Pour partager l'Evangile
Dans La façon la plus simple de changer le monde (éd. Farel), Dustin Willis et Brandon Clements relèvent que nos foyers devraient être considérés comme un «outil au service de l’Evangile». «Votre maison est un merveilleux moyen de nouer des contacts qui, autrement, n’auraient probablement pas lieu», expliquent-ils. «Chez vous, les personnes ne connaissant pas Jésus voient l’amour que votre famille se manifeste et que vous leur témoignez en leur parlant de la grâce de Dieu.»
Cette vision va à l’encontre des idées préconçues. «En agissant ainsi, nous défendons une contre-culture qui témoigne de la générosité de Dieu», continuent les auteurs. «Elle rejette l’idée selon laquelle la vie est réussie lorsqu’on la consacre à la satisfaction de nos désirs, en nous protégeant des autres dans nos forteresses privées que nous appelons maisons.» Une façon donc de se tourner vers l'extérieur, à l'instar de Corinne, qui a organisé un apéritif de Noël pour ses voisins. «Je n'ai pas parlé de Jésus, mais je leur ai glissé un journal chrétien dans les mains quand ils sont repartis», confie-t-elle.

Pas d'excuses!
«Mon appartement est trop exigü, je n’aime pas faire la conversation, impossible d’inviter avec des enfants.» Aux yeux de Brandon Clements, ces explications relèvent de la mauvaise excuse. Le but de l’hospitalité n’est pas de montrer son intérieur. Par ailleurs, notre entourage sera reconnaissant d’être invité spontanément et beaucoup répondront favorablement à notre requête. «L’hospitalité n’a pas pour but de distraire les invités, mais de les interpeller», répondent les auteurs. S’intéresser à la personne et rester soi-même; une bonne attitude à adopter.

Trop introverti?
Enfin, s’il est vrai que notre tempérament influe sur notre conception de l’hospitalité, cette dernière n’est pas uniquement réservée aux personnes extraverties. Selon Dustin Willis et Brandon Clements, notre caractère ne devrait pas être une excuse pour ne pas accueillir. Et d’ajouter que la motivation des personnes extraverties ne doit pas être influencée par leur propre besoin d’être valorisés et aimés.
«L’Evangile nous dit que nous n’avons plus besoin de nous mettre la pression car nous avons été rendu libres d’aimer les autres. Lorsque nous invitons, nous invitons les personnes dans notre vie, la vraie, afin qu’elles apprennent à nous connaître, pour qu’elles se sentent à l’aise pour être elles-mêmes», conclut Dustin Willis.

Dans la pratique
Si nous sommes convaincus de la nécessité d’accueillir les autres chez nous, comment agir concrètement? D’abord, les auteurs suggèrent de planifier du temps chaque semaine pour l’hospitalité et d’établir un système pour l’organisation. Par exemple, noter quelles personnes inviter et prier pour elles. Qui inviter? Commencer par une personne connue est un premier pas. Dans un deuxième temps, les auteurs conseillent d’élargir le cercle aux personnes que nous côtoyons la semaine. Une troisième étape consiste à inviter nos voisins.

Simplifier les détails
Puis, une simplification des détails s'impose. Vous est-il déjà arrivé de terminer un repas en ayant l’impression que la soirée était un fiasco complet? Une ambiance bizarre, des conversation plates, un repas fade; si nous regardons les émissions télévisées, notre conception de l’hospitalité correspond assurément à une description tout autre, plus raffinée, joyeuse et toujours réussie.
Dustin Willis différencie néanmoins le fait d’exercer l’hospitalité et de recevoir. Recevoir serait vouloir impressionner ses convives dans le but de se mettre en valeur. Au contraire, être hospitalier revient à démontrer un amour sincère, à investir chaque moment avec ses invités et à chercher à leur faire du bien.
Enfin, pourquoi ne pas inviter d’autres chrétiens en même temps? C’est l’occasion de les impliquer dans notre mission d’accueil.

Gaëlle Dubath

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