Nicolas Maduro et Jésus

En 2013, Nicolas Maduro, président socialiste du Venezuela, comparait Hugo Chavez à Jésus. «Comme le prétendu fils de Dieu (sic), Hugo Chavez est venu protéger ceux qui n’avaient rien», avait-il déclaré dans un hommage rendu à son mentor et prédécesseur, cinq mois après sa mort.

Pour Nicolas Maduro, Hugo Chavez était même le «Christ Rédempteur des pauvres» - rien que ça! - tandis que lui s’était proclamé son apôtre. Nicolas Maduro s’est par la suite fait remarquer pour d’autres propos tout aussi provocateurs et blasphématoires. Le 9 mars 2017, lors d’un rassemblement «Venezuela anti-impérialiste», il déclarait «Jésus-Christ et Allah sont frères en Dieu», étalant ainsi son manque criant de culture religieuse.

En pleine crise politique et humanitaire dans son pays, plus que jamais contesté - l’opposant et chef du parlement Juan Guaido est reconnu président légitime par un nombre croissant de pays - Nicolas Maduro multiplie désormais les signes d’ouverture envers les chrétiens, dans un style qui lui est propre. Il a récemment été filmé debout sur la tribune, au milieu de l’équipe de louange, lors d’un culte du Congrès des mouvements chrétiens pour la paix. Dans un discours prononcé début février devant les militaires, il a déclaré: «Je suis un ouvrier comme Jésus, le Christ Rédempteur. Chrétien du Christ, pas chrétien de la fausse soutane.» Notons que désormais pour lui, c’est bien Jésus le Christ Rédempteur. Il y a du mieux. Il a enfoncé le clou en déclarant dans un entretien télévisé diffusé le 4 février avoir envoyé une lettre au pape François lui signifiant être «au service de la cause du Christ» et lui demandant son aide, «dans un processus de facilitation et de renforcement du dialogue». Nicolas Maduro au service de la cause du Christ? Il y a de quoi rire jaune. Bien sûr, on peut très facilement voir dans cette attitude nouvelle la tentative désespérée du despote de trouver de nouveaux alliés. Son opportunisme semble évident. La démarche est pourtant bonne, si et quand elle est sincère. S’en remettre à Jésus quand tout est désespéré est l’attitude qu’il attend de nous. Reconnaître ses vrais attributs - rédempteur, souverain - est une manière de l’honorer. Mais l’Eternel ne laisse pas impuni celui qui utilise son nom pour tromper (Ex. 20, 7). Puisse Nicolas Maduro en avoir conscience et au besoin, corriger le tir?

David Métreau Rédacteur en chef

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