Il prend soin de l’étranger, son prochain

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Daniel est engagé à Cabes, qui œuvre en faveur de l’accueil de l’étranger. Plus qu’un simple engagement bénévole, il a pris à cœur sa mission. Portrait.

«Car j’étais étranger et vous m’avez accueilli.» C’est ce passage qui soutient l’engagement de Daniel, actif au sein de Contact Amitié Bible entre Etrangers et Suisses (Cabes) depuis plus de vingt ans.

Témoigner l’amour
En tant qu’ancien missionnaire au Cambodge, ce père de famille est particulièrement sensible aux personnes ayant grandi à l’étranger: «J’essaie de leur transmettre les valeurs héritées dans notre culture. L’objectif est qu’elles se rendent compte que notre pays jouit de la paix et de la prospérité à cause de ses racines chrétiennes.» Concrètement, Daniel participe à l’organisation de sept rencontres par année destinées aux requérants d’asile. Dans un premier temps, les bénévoles de Cabes distribuent des invitations dans les centres d’accueil pour migrants de la région lausannoise et le jour J, ils s’occupent du transport. Ces rencontres, qui rassemblent entre quarante et cent personnes, se déroulent autour d’un temps divertissant (jeu et musique), d’un enseignement, de témoignages et finissent par un repas.

Sorties en montagne
«Avec d’autres bénévoles, je m’occupe des jeunes de 12 à 18 ans, avec lesquels nous avons un programme à part incluant une sortie», précise Daniel. Mais depuis une année, il organise également des randonnées en montagne et pendant l’hiver, des soirées raclette ou fondue sans alcool: «Nous pouvons ainsi développer des amitiés et les requérants peuvent se familiariser avec nos coutumes. L’un d’eux, particulièrement zélé, m’a même sollicité pour faire du ski avec lui à plusieurs reprises», s’amuse Daniel. A qui ces personnes d’ailleurs apportent un vécu différent, une remise en question et une certaine reconnaissance.

Ils se sont tournés vers Jésus
Outre le fait de participer à l’accueil et l’intégration des étrangers, Daniel se réjouit que des relations suivies puissent être développées avec eux, grâce aux moyens de communication actuels: «Par le passé, à cause de leurs fréquents déménagements, nous perdions souvent le contact avec les requérants après six mois.» Mais ce qui a été le plus marquant pour le quinquagénaire est d’avoir pu accompagner un ancien musulman sur le chemin de la foi chrétienne. Ce dernier avait fui l’Iran et voulait rejoindre le Canada. Mais en transit en Suisse, la douane ne l’a pas laissé poursuivre son périple. Vingt ans après, les deux hommes sont encore amis. «Plus tard, il est devenu le parrain de ma fille cadette», précise même Daniel. Dans la foulée, un Afghan et un autre Iranien s’étaient aussi tournés vers Jésus-Christ et sont toujours engagés dans la foi. Même si les conversions restent exceptionnelles, les bénévoles de Cabes savent qu’ils ont semé l’amour de Dieu dans la vie des migrants et leur ont permis de découvrir un autre visage de la foi chrétienne que l’image qu’ils en avaient en arrivant d’un contexte musulman.

Sandrine Roulet

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