Zwingli: sa fougue portée à l’écran

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Mort il y a près de 500 ans, le réformateur Zwingli revient sur le devant de la scène. Pourquoi un tel engouement?

Ce n’est pas un polar hollywoodien qui mène le bal au box-office en Suisse en ce début d’année. Depuis sa sortie le 17 janvier, le film consacré au réformateur Zwingli surclasse tous les autres films diffusés dans les cinémas suisses. Zwingli sortira en français le 27 mars.

Comment a-t-il fait?
Mais pourquoi donc un tel engouement pour cette figure protestante qui a fait parler d’elle au début du 16e siècle?
«Zwingli a transformé en profondeur la ville de Zurich. En quelques années seulement, il l’a changée pour toujours. Comment a-t-il réussi? Comment est-il possible que des personnes changent de foi aussi soudainement, alors qu’elles ont donné jusqu’à leur dernier sou à l’Eglise catholique durant des siècles, pour éviter les flammes de l’enfer? Mais qui était donc ce Zwingli?» C’est avec ces questions que la productrice du film, Anne Walser, a abordé son projet de film.

Tensions et batailles
Né dans une famille de paysans de condition modeste, le jeune Ulrich a eu le privilège d’avoir un père conscient de l’importance de l’instruction. Ce n’est pourtant qu’après avoir étudié sommairement l’astronomie, la physique et la philosophie, qu’il s’est intéressé à la théologie. Il a ensuite exercé en tant que prêtre ou curé dans différentes localités avant d’être nommé à Zurich alors même que la ville subissait un épisode de peste.
Très vite, il instaure la lecture du Nouveau Testament en allemand. Ce n’est pourtant que quatre ans plus tard qu’il rédige soixante-sept thèses et qu’il rejoint les rangs de la Réforme, non sans susciter des débats, des tensions et même des batailles. Zwingli s’est lui-même engagé dans ces conflits armés. C’est aussi par la violence qu’il a noyé des anabaptistes qui refusaient de baptiser leurs enfants.

Six millions
La réalisation du film est de bonne facture, grâce à un budget de six millions de francs suisses (5,2 millions d’euros). L’accès à la cathédrale a été bloqué durant le tournage. Tous les bancs de l’église ont été retirés. Et c’est à renfort d’importants décors et de nombreux figurants qu’Anne Walser a pu restituer l’atmosphère de l’époque et apporter une intensité émotionnelle - certes sélective - à ce long métrage. Max Simonischek restitue de façon convaincante la personnalité prêtée à Zwingli. Néanmoins, on s’interroge sur l’intérêt d’une scène de sexe dans ce film. L’Eglise réformée zurichoise, une grande banque, le fonds culturel de l’Etat et plusieurs fondations ont permis à Zwingli d’interpeller les Zurichois une seconde fois, près de cinq cents ans après qu’il ait perdu la vie lors d’un conflit armé entre protestants et catholiques.
Les Romands seront-ils sensibles à ce film historique? Et verront-ils, au-delà du Zwingli persécuteur des catholiques et des anabaptistes, celui qui a exhorté la population à lire le Nouveau Testament? Et à ne pas seulement parler du Christ mais à vivre une vie comme le Christ l’aurait vécue?

Christian Willi

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