Qu’il se renouvelle ou évolue, le média subsiste

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Bonjour chez vous
Lancée par EnseigneMoi.com, la chaîne EMCI voit le jour en 2015, suite à une vision du pasteur Olivier Derain. Fin 2017, c’est le lancement du direct 24/7. Et 2018 marque l’élargissement de la couverture sur satellite et différents bouquets de chaînes en pays francophones. La plateforme propose des enseignements de prédicateurs du monde francophone, des lectures bibliques en video, de la louange, des émissions sur la prière ou destinées aux femmes, etc. Son émission phare est «Bonjour chez vous».

Jésus! pour tous
Lancé par une maison d’édition hollandaise, l’idée d’adapter le magazine Jésus! à la culture française a enthousiasmé David Bonhomme et Pierre Chausse (Première Partie). «L’idée est de faire connaître le personnage de Jésus en créant un support qui permet de le découvrir différemment, en laissant la parole à des personnalités hors milieu chrétien», confie le premier.
Diffusé à près de 80 000 exemplaires dans tous les kiosques de France, le premier numéro s’adressait à des chrétiens ouverts d’esprit, à un public distancé de la foi chrétienne ou encore à des lecteurs appréciant des invités comme Pascal Obispo. Le second numéro a davantage visé un public non-chrétien, avec la volonté de «casser les codes» et de sortir du lot en plaçant Arielle Dombasle comme rédactrice en chef.

L’enjeu de la presse écrite n’est pas qu’elle est amenée à disparaître, mais de s’adapter aux nouveautés pour survivre. Le point.

Alors qu’en Suisse, L’Hebdo a cessé de paraître en 2017 et la version papier du quotidien Le Matin un an plus tard, le premier numéro de Micro vient d’être publié, grâce à une campagne de financement participatif.
Dans l’Hexagone, L’Opinion a vu le jour en 2013 malgré la crise de la presse quotidienne, sans compter les nouveaux magazines (Le 1, Society, Humanoide). C’est un fait, des nouveaux médias, toujours il y aura! Comment l’expliquer, alors que selon des indicateurs comme le baromètre Edelman 2018, les médias sont l’institution à qui le public accorde le moins sa confiance?

Quels médias?
Pour le formateur Pierre-André Léchot, il s’agit d’abord de définir le terme «médias». Il souligne l’importance de savoir qui choisit, vérifie, commente et diffuse une information: «Les lignes éditoriales, chartes rédactionnelles et déclarations des devoirs et droits des journalistes restent fondamentalement utiles», analyse le spécialiste.
A ses yeux, les médias de service public devraient continuer à être soutenus et contrôlés afin qu’un travail d’information de qualité soit disponible pour le bien de la vie en société.

De nouvelles possibilités
Ceci dit, l’ancien directeur de la télé régionale Canal Alpha analyse que les médias permettent de comprendre le monde, de se comprendre soi-même ainsi que sa propre action dans la société.
En outre, le développement des technologies engendre de nouvelles possibilités d’informer et de divertir: «De nouveaux médias continueront heureusement à voir le jour. Cela pousse les anciens à affiner leur offre; un plus pour le public», souligne-t-il.
Responsable de la publication Croire et Vivre en France, Georges Mary explique aussi l’apparition de nouveaux médias par l’évolution du monde et avec lui, de ses codes et modes pour communiquer: «Il peut paraître plus facile de démarrer quelque chose de nouveau, au goût du jour, que de faire évoluer quelque chose d’ancien pour l’adapter.»

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Des histoires pour se situer
Directeur artistique du magazine Jésus!, David Bonhomme se réjouit de l’émergence de la profusion médiatique car un média, c’est avant tout des gens qui ont envie de partager une vision du monde différente: «On a besoin de découvrir le monde autrement, d’entendre des histoires différentes», assure celui qui est aussi à la tête de Progressif Media.
Et d’ajouter que cette diversité permet une saine concurrence et de ne pas se reposer sur ses lauriers. «L’humain aime conter des histoires et s’approcher de la grande Histoire du monde. Cherchant à se situer personnellement et collectivement, il est donc attentif à ce que d’autres font, disent et pensent. Tout ce qui permet de créer et transmettre ces histoires est accueilli», développe encore Pierre-André Léchot.

Les médias, un contre-pouvoir?
Les médias jouent-ils toujours un rôle de quatrième pouvoir, venant questionner les trois fondamentaux (législatif, excécutif et judiciaire)? Affirmatif, Pierre-André Léchot nuance toutefois: «Il me semble que l’argent est devenu un pouvoir prépondérant et il se trouve que bien des médias sont aux mains de grands groupes qui ont des intérêts économiques énormes.» S’il est favorable à l’idéal de médias comme contre-pouvoir, le spécialiste invite à la lucidité et encourage toute démarche visant à gagner en indépendance par rapport aux pressions économiques.

Comment s’y retrouver?
Dans cette profusion de médias, comment différencier le vrai journalisme des rumeurs? Pierre-André Léchot suggère de s’interroger. Qui est à la source de l’information? Est-elle digne de confiance? D’autres sources la confirment-elles? Où et quand s’est produit l’événement?
De plus, il est possible de consulter des organismes qui traquent les fausses nouvelles ou les présentations tendancieuses comme Les Observateurs (France 24) ou Hoaxbuster, etc. Selon Georges Mary, «nous classons vite comme relevant de l’intox le média qui dit autre chose que ce que nous pensons déjà.»
Et le responsable de Croire et Vivre de conclure que pour être en phase avec la réalité, il s’agit d’abord d’être prêt à remettre en question ses opinions: «Ensuite, de prendre le temps de l’écoute et accepter de comparer les différents points de vue sur un seul et même sujet.»

Sandrine Roulet

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