Elles fêtent leurs 30 ans et pourtant... ces Eglises sont encore zélées!

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L’Eglise FREE de Gimel célèbre ses trente ans de présence officielle dans ce village vaudois. Reconnaissante à Dieu pour sa fidélité, c’est avec foi et confiance qu’elle regarde vers l’avant.

«Avons-nous le droit de supprimer un témoignage biblique au pied du Jura pour une raison d’argent?» C’est ainsi qu’Albert Richard a plaidé la cause de son Eglise devant les délégués des AESR (ancêtres de la FREE) au printemps 1986. Ancien d’une Eglise se réunissant dans un local trop exigu pour ses trente membres, il était venu demander un prêt pour l’achat d’un bâtiment.

Se faire connaître
Fondée en 1927, cette assemblée évangélique s’était toujours réunie dans des fermes du plateau au-dessus de Rolle (Suisse). Depuis peu, elle était confrontée à différents défis en plus du manque d’espace: la charge reposant sur les épaules d’Albert Richard et des deux autres anciens, Robert Delaporte et Pierre Oppliger, était devenue trop lourde. Sans compter la désaffection des rares jeunes de l’Eglise.
«Lors d’une régionale d’anciens, nous avons exposé notre problème et reçu la conviction que l’Eglise devait rester au pied du Jura et se faire mieux connaître. On était mal vus dans la région, les gens disaient qu’on se cachait dans une maison», raconte l’octogénaire.

Peu à peu acceptée
En 1984, l’Eglise engage d’abord un pasteur à mi-temps. Puis avec le prêt accordé par les AESR, elle acquiert une bâtisse à Gimel. Deux ans de travaux sont nécessaires pour la rénovation. «On est devenus très proches les uns des autres», se souvient Albert Richard. De ce chantier émerge non seulement une salle de culte de cent places, mais aussi un appartement pour le couple pastoral au premier étage et des salles polyvalentes au deuxième.
En septembre 1989, la nouvelle église est dédicacée lors d’un culte œcuménique avec les réformés et catholiques. Le journal local de l’époque souligne qu’après avoir été stigmatisés, les évangéliques commencent à être acceptés: «Une certaine méfiance, entretenue par des communautés vivant en vase clos, a toujours existé entre les Eglises officielles et les Evangélistes appelés “mômiers” ou pire. La cérémonie d’inauguration aura néanmoins marqué l’évolution des mœurs.»

Vers le témoignage
Aujourd’hui, l’Eglise FREE de Gimel compte une petite centaine de membres, enfants compris. Albert Richard relève la complémentarité des cinq pasteurs qui se sont succédés; le premier, Florian Rochat (photo), a mené l’Eglise à s’engager dans l’évangélisation, notamment par le biais de la Tente romande, le deuxième a posé des fondements théologiques, alors que les suivants ont développé le contact avec les villageois.
Il y a trente ans, la prière de l’Eglise était d’avoir un témoignage dans la région et d’être acceptée pour ce qu’elle était réellement: «Aujourd’hui, nous faisons envie car le temple, lui, se vide. Les gens observent que des familles entières se dirigent vers notre Eglise le dimanche», partage Albert Richard.
La communauté a aussi bénéficié du soutien spirituel des centres de JEM Burtigny et Châtel, par l’engagement durable de familles missionnaires. Autres sujets de reconnaissance pour Albert Richard: la fidélité des membres, la vie d’Eglise et le rayonnement que celle-ci peut avoir au travers de personnes qui l’ont fréquentée. Et si l’Eglise évangélique de Gimel a connu des drames parmi ses membres (suicides, décès brutaux) dont il a été difficile de se relever, elle n’a pas sombré dans la révolte: «Des pourquois, il y en aura toujours. Mais il ne faut pas rester sur ce qu’on a vécu et aller de l’avant», commente Albert Richard. Un bon mot d’ordre pour les trente ans à venir!

Sandrine Roulet

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