Il était une foi... Une abdication historique

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En 1990, le roi Baudoin de Belgique fête ses trente ans de mariage. Il célèbre aussi ses soixante ans de vie et ses quarante ans de règne. Mais cette année-là, le Royaume retient surtout la date du 4 avril, jour où le souverain abandonne ses fonctions. Cette abdication de vingt-quatre heures est un coup d’éclat qui n’a rien de gratuit. Loin de toute ambition personnelle, la décision de Baudoin témoigne de sa foi chrétienne. Il entend exprimer son opposition au parlement belge qui, ce 4 avril, vote la dépénalisation conditionnelle de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Au Premier Ministre de l’époque, Wilfried Martens, le souverain écrit que cette loi soulève en lui «un grave problème de conscience» et qu’il ne veut pas y être «associé». D’où cette abdication temporaire qui permet au roi Baudoin de manifester son respect de la vie sans nuire à l’exercice démocratique du pays ni renier ses convictions chrétiennes. Malgré le problème institutionnel qu’il pose sur le moment, le roi voit sa popularité croître.

Marqué par la mort de sa mère à l’âge de cinq ans et par son impossibilité à avoir des enfants avec son épouse Fabiola, cet homme a pris une décision qui, à l’époque, a étonné dans toute l’Europe et touché les consciences. Quelques mois plus tard, L’Avènement (ancêtre du Christianisme Aujourd’hui) a désigné le roi Baudoin comme «l’âme de l’année 1990», soulignant qu’il «avait su mettre en avant une opposition fondée sur sa conviction chrétienne (...) malgré sa position royale (...) à cause de sa position royale». En rappelant aussi que, pendant ces vingt-quatre heures d’abdication, 500 enfants avaient disparu, en France, pour cause d’IVG.

Michel Beghin

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