«Paradise City»: Guns n’ Roses

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Guns n’ Roses: Paradise City

Emmène-moi
à Paradise City
Où l'herbe est verte
Et les filles sont jolies
Oh, s'il te plait, je veux rentrer chez moi

Juste un gamin qui vit dans la rue
Je suis un cas social difficile à gérer
Je suis ton projet charitable
Alors achète-moi à manger
Je te rembourserai plus tard
T’es en bonne voie, t’arrête pas

Il paraît qu’on peut s’en sortir
Mais pour être riche et célèbre,
Il ne faut jamais s’arrêter
Tout n'est qu'un jeu de hasard
Faut pas me voir comme un criminel
On est tous en taule, avec une peine à tirer

Refrain : Emmène-moi à Paradise City…

Condamnée à la peine capitale
Je ne sais plus très bien pourquoi je suis là
C’est devenu dangereux de respirer, parait-il
Si j’arrivais à voir, je fumerais bien une clope
Mais je ne sais plus à qui faire confiance

Refrain : Emmène-moi à Paradise City…

C’est si loin tout ça (x 4)
Capitaine America est en morceaux
C’est plus qu’un bouffon au cœur brisé
Il a dit – Je veux faire demi-tour
Ramène-moi au point de départ
Je dois perdre la tête –
Tu es aveugle ?
J'ai vu tout ça un million de fois

Ces Hits entrés dans l'histoire.

Encore une chanson qui parle de la soif d’ailleurs et de transcendance? Peut-être. Mais avec ce titre, le groupe Guns n’ Roses va plus loin en criant explicitement son désir du paradis.
Avec une ambiguïté caractéristique du rock, le chanteur Axl Rose décrit ce paradis comme le lieu de tous les plaisirs, notamment celui du sexe («là où les filles sont jolies») mais en parle aussi avec une touche de nostalgie, un peu comme s’il parlait de la maison de son enfance («s’il te plait, je veux rentrer chez moi»).
La chanson brouille encore les pistes avec des références à la drogue, juxtaposant l’aspiration au paradis avec la quête des paradis artificiels. La mention de «l’herbe verte» («where the grass is green») frôle la promotion de la drogue. Il paraît même qu’une version primitive de la chanson parlait «d’herbe» gratuite («where the grass is free»).
De plus, un double-sens intraduisible à la seconde strophe peut être compris comme une référence à la fortune facile des dealers (a pusher en anglais): «Ya gotta keep pushin’ for fortune and fame.»
Bien sûr, l’addiction du toxicomane provient de la même source que la quête spirituelle humaine. Nous sommes tous aliénés de notre vraie nature d’enfants de Dieu, et le manque que suscite en nous cette aliénation peut nous attirer vers le Créateur autant qu’il peut nous pousser vers les succédanés trompeurs et mortifères comme la drogue, l’alcoolisme, la fascination de l’argent ou l’abus du pouvoir.
Paradise City n’est pas seulement un hymne à la gloire du sexe facile et de la drogue. La chanson exprime aussi le désarroi de la personne pour qui la vie est une prison («on est tous en taule, avec une peine à tirer»).
Dans la strophe finale, la supplication «je veux faire demi-tour, ramène-moi au point de départ» résonne comme un écho du désir humain de restauration spirituelle.
D’ailleurs, par la suite, le groupe Guns n’ Roses a eu un succès planétaire avec une reprise du chanteur Bob Dylan Knocking on Heaven’s Door («Je frappe à la porte du paradis»). Mais ça, c’est une autre histoire...

Jonathan Hanley

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