Ils voient Dieu à l’œuvre dans leur exploitation agricole

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Travailler la terre et en tirer le meilleur: une façon de servir Dieu. Quels sont les enjeux des agriculteurs d’aujourd’hui? Quelles sont les responsabilités des consommateurs? Dossier.

Joël Fauriel, 43 ans
Depuis dix ans, Joël Fauriel travaille à temps plein pour son exploitation agricole, le GAEC Biotiful, «100% en agriculture bio», à Loriol dans la Drôme. Il avait démarré avec quelques hectares de vergers, en parallèle de son travail dans une association de recherche en agriculture bio puis à l’Institut national de recherche en agronomie (INRA).
Aujourd’hui, l’agriculteur chrétien est fier d’annoncer qu’il a même créé deux postes en contrat à durée indéterminée, une pratique rare dans le milieu agricole, plus habitué aux contrats courts et saisonniers. Elevé dans une famille chrétienne - son père était lui-même agriculteur - Joël Fauriel a grandi dans l’Eglise locale dont il a été chantre et membre du conseil d’administration. C’était avant de vivre un véritable «réveil» dans sa foi qui a eu des conséquences sur la gestion de son exploitation agricole. «Je me suis rendu compte que j’avais fait du travail et de l’argent des idoles.»
Cette prise de conscience l’a amené à être plus rigoureux dans ses comptes, à ne plus faire de «travail au noir» et à réduire drastiquement son recours au crédit. Le déclic s’est fait quand il s’est rendu compte que les dix-sept hectares de son exploitation ne lui appartenaient pas mais appartenaient à Dieu et l’argent n’était pas le sien mais celui de son Seigneur. «Plus j’avance, plus je me rends compte que je n’ai pas une grande part dans la pousse et le développement des fruits, des légumes et des céréales. Je me rends compte que c’est Dieu qui fait 99% du travail.» Le bon climat, la lumière, le sol riche, les connaissances des agriculteurs: tout cela vient de Dieu, estime Joël Fauriel.
Il se réjouit de pouvoir travailler avec deux autres chrétiens - dont son frère - et de s’édifier mutuellement. Agriculteur bio, le mari et père de deux adolescents ne se dit pas écologiste. «L’écologiste respecte la nature, mais pas forcément la Création.» Lui veut honorer son Créateur.

David Métreau

Eliane et Daniel Hofer, 61 ans
Eliane et Daniel Hofer font partie des deux derniers producteurs de lait du village vaudois de Burtigny depuis 1986. Ils ont un troupeau d’une trentaine de bêtes. Pour eux, mettre la foi en action dans leur activité professionnelle n’est pas une découverte récente. «En travaillant la terre, nous sommes émerveillés par la perfection de la Création et désirons donc toujours mieux appliquer les principes du Créateur dans la planification et l’exécution de notre travail», affirment-ils en chœur.
Ils prient régulièrement pour l’exploitation, leurs familles, les champs, les animaux ainsi que leurs relations avec les autres agriculteurs. Une fois par semaine, ils prient avec leur fils et son épouse, avec qui ils sont associés. Et Dieu répond à leurs prières: «Nous avons vécu plusieurs guérisons miraculeuses de vaches. En 2018, malgré la grande sécheresse, nous avons eu assez de fourrage pour le bétail, signe de la grâce de Dieu.» Pour éviter la solitude de l’agriculteur régulièrement pointée du doigt, le couple Hofer est bien connecté. «Depuis de nombreuses années, nous participons à un groupe de prière pour agriculteurs et métiers de la terre. Nous nous rencontrons une fois par mois pour échanger nos joies et nos difficultés, écouter Dieu, recevoir ses directives et soigner l’amitié. Il existe de nombreux groupes semblables dans toutes les régions de la Suisse. Une fois par année, nous nous retrouvons avec des centaines d’agriculteurs chrétiens, soit lors de Journées régionales des métiers de la terre, soit à la Conférence des Paysans à Winterthour. Ces rencontres ont pour but d’encourager les agriculteurs et de favoriser les contacts.»

Christian Willi

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Christian Rüfenacht, 56 ans
«Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière. Pourvoyez aux besoins des saints. (...) Ne rendez à personne le mal pour le mal.» (Rom. 12, 12-21): lorsqu’il reçoit ces versets en septembre 2016, lors d’une retraite d’Eglise, Christian Rüfenacht se sent appelé à faire un don conséquent à un couple vivant par la foi. Quand il leur remet l’enveloppe, ils sont émus: cette somme est une réponse à leurs prières. Mais l’agriculteur n’est pas conscient que ce passage biblique constitue aussi la réponse à une situation difficile qui l’attend.
Depuis des années, il effectue un travail pour un collègue paysan. Alors que celui-ci ne le rémunère pas à sa juste valeur, il veut encore diminuer son salaire. «Dieu m’a montré que je ne devais pas aller en justice contre lui», témoigne Christian Rüfenacht. Conseillé par son épouse et son fils aîné, il rompt toutefois ce partenariat, perdant ainsi son revenu principal.
Les mois suivants, Christian voit son obéissance honorée: un paysan chrétien lui propose une aide financière pour l’achat de vaches allaitantes. Même un inconnu, qui a lu son histoire dans le journal local, lui offre une vache. Bientôt, il peut constituer un troupeau d’une trentaines de bêtes, grâce à des prêts ou des dons. «Dieu nous a redonné ce qu’on avait donné», se réjouit le père de quatre garçons.
Il n’en reste pas moins que gérer une exploitation agricole est pesant, tant moralement qu’administrativement. La prière lui permet de se décharger de ses soucis. Pour marquer qu’ils confient leur exploitation au Créateur, Christian Rüfenacht et son épouse en ont fait le tour avec un bâton représentant leur autorité d’enfants de Dieu. Suite à cet acte de confiance, ils ont eu le meilleur rendement de foin depuis longtemps.

Sandrine Roulet

Alexandre et Anouck Geiser, 28 et 24 ans
Alexandre et Anouck Geiser exploitent une ferme à Tavannes, dans le Jura bernois. Pour Alexandre, compter sur Dieu pour gérer son domaine est une décision et une conviction personnelles. «Je me sens souvent trop petit pour tout gérer seul. Alors j’ai choisi de faire participer Dieu. En lui, je peux me confier et trouver la sécurité lorsque je me sens perdu.» Et avec le temps, il a appris que Dieu lui-même avait bien souvent de meilleures idées que lui: «C’est en lui que je recherche la sagesse.»
Ayant grandi dans une famille chrétienne, Alexandre se dit privilégié d’avoir pu bénéficier de l’expérience de ses parents et grands-parents qui faisaient déjà confiance à Dieu dans la gestion du domaine. «Bien sûr, c’est un choix que je dois faire tous les jours», confie néanmoins le jeune agriculteur. Mais concrètement, quels changements constate-t-il? «Au quotidien, je sais que quelqu’un de plus fort que moi prend soin de mes vaches.» Une assurance qui permet à Alexandre de se sentir plus léger et heureux.
Et quand il s’agit de témoigner de l’action de Dieu, le jeune couple raconte: «Il y a neuf mois nous avons eu des problèmes avec certaines de nos vaches qui ne pouvaient plus porter de petits. Nous avons remis nos préoccupations dans la prière.» Tant et si bien que depuis début avril, des veaux n’en finissent plus de naître!

Maude Burkhalter

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