Bénis ou maudits, les agriculteurs?

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L’agriculteur a besoin de beaucoup de foi. Et son activité comporte une forte dimension spirituelle. Parti pris. Dossier: Paysans croyants

Il était une fois un jardin, dans lequel vivaient un homme et une femme. Tous les jours, le Créateur leur rendait visite. Ils en étaient les jardiniers, même s’ils ne devaient pas travailler pour gagner leur vie. Ce couple a fait une grave bêtise et il a été chassé du jardin. L’homme et la femme sont devenus agriculteurs. Dieu leur a dit: «Désormais, vous devrez travailler pour avoir un résultat moins bon que jusqu’alors.» Depuis ce jour-là, le mandat des agriculteurs est de faire en sorte que le peuple ait assez à manger. Par définition, le paysan prend soin de nous. Quel fardeau!

Dieu promet ses bénédictions
Le paysan, chrétien ou non, est un homme ou une femme de foi! En effet, il faut de la foi pour semer et croire que des mois plus tard, il va y avoir une récolte. Il faut de la foi pour semer et croire qu’il ne va pas y avoir la tempête, des ravageurs, etc. L’agriculture comporte une dimension spirituelle très forte. Dans le livre des Chroniques, nous voyons l’agriculture au cœur d’enjeux spirituels. Le roi Salomon implore Dieu d’écouter la prière du peuple (2 Chron. 6, 26-30). Et Dieu répond (7, 13-14): «Quand je fermerai les cieux et qu’il n’y aura pas de pluie (...) si mon peuple qui est appelé de mon nom s’humilie et prie, et cherche ma face, et revient de ses mauvaises voies, moi aussi j’écouterai des cieux, et je pardonnerai leur péché, et je guérirai leur pays.»

Un rempart dans la tempête
Ailleurs dans la Bible, on voit des bénédictions agricoles se produire (par exemple en Es. 30, 20). Il est promis à ceux qui abandonneront les idoles pour se tourner vers Dieu, «qu’il répandra la pluie sur la semence que tu auras mise en terre, et le pain que produira la terre sera savoureux et nourrissant; et tes troupeaux paîtront dans de vastes pâturages». Mais pourquoi Dieu est-il intéressé par des bénédictions agricoles? Parce qu’il ne veut pas que le peuple meure de faim. Dieu appelle les paysans à être «un abri contre le vent, et un refuge contre la tempête» (Es. 32).
En Suisse, l’association Solidarités Paysans accompagne des agriculteurs dans leurs défis. Nous nous sommes rendus au sommet du Salève, pour «accueillir» la tempête Zeus annoncée en 2017. Nous lui avons dit qu’elle devait se calmer et elle s’est calmée. Nous avons alors compris ce que signifiait l’idée d’être un rempart devant la tempête. Aux paysans: Dieu honore votre foi, il vous écoute. N’hésitez donc pas à mettre votre foi en action pour vos cultures! Oui, je peux me positionner à l’approche d’un nuage de grêle car ça, c’est du mauvais temps. A moins que ce soit Dieu qui soit fâché. Dans ce cas, je m’agenouille et lui demande où est le problème.

Qui sommes-nous pour juger la météo?
Les paysans ont la foi mais les autres, Dieu les entend aussi. Notamment lorsqu’ils parlent du beau ou du mauvais temps. Qui sommes-nous pour donner des notes à Dieu? Du soleil pendant deux mois, ce n’est plus du beau temps, c’est une catastrophe pour l’agriculture. A l’inverse, l’an dernier, il a neigé neuf mètres cumulés à Saint-Cergue, où j’habite. Je n’aime pas la neige, mais j’ai dit merci tous les jours pour cet apport d’eau. Bénissons donc les paysans et leurs cultures. Et si vous voulez faire une prière simple pour le climat, optez pour celle-ci: «Seigneur, toi qui as tout créé parfaitement, est-ce que dans ta grande bonté, tu pourrais rétablir les saisons?»

Jean-Michel Rey

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