Avant de penser local, pensons solidaire!

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Poussés à consommer localement, les chrétiens devraient aussi se sentir concernés par la solidarité internationale. Dossier: Paysans croyants

A l’heure actuelle, 821 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Parmi eux, les paysans sont les plus touchés par l’insécurité alimentaire.

Une trop rapide libéralisation
Dans son livre L’aide au développement sous un regard chrétien (éd. Salvator), Sylviane Guillaumont Jeanneney explique que «dans les années 1980 et 1990, l’agriculture a été le parent pauvre de l’aide internationale». Elle ajoute que c’est un rapport de la Banque Mondiale en 2008 qui a braqué les projecteurs sur le sujet: «Avec la hausse concomitante des prix des produits alimentaires et la crise alimentaire, on a alors redécouvert l’urgence de la production d’aliments, le drame d’une recherche agricole négligée et d’une trop rapide libéralisation des marchés agricoles réservée curieusement aux pays en développement.»

Consommer local, oui mais...
Il semble parfois difficile de susciter l’intérêt des chrétiens occidentaux sur le thème de l’agriculture dans les pays en développement. Pourtant, une démarche de solidarité internationale responsable et marquée par un souci de justice devrait en faire une priorité. C’est l’un des domaines clés de la vie humaine, valorisé comme tel dans la Bible. C’est ainsi que Dieu promet au sortir du déluge que «tant que la terre subsistera les semailles et la moisson ne cesseront pas» (Gen. 8, 22).
C’est un lieu de fragilité dans le cadre d’une terre déchue. Dans un monde globalisé, c’est également un sujet qui nous connecte au reste du monde: aussi attaché que l’on soit au «consommer local», il est difficile (et sûrement peu souhaitable) d’éviter tout produit en provenance des pays en développement. Nous ne pouvons par conséquent que désirer des relations commerciales assainies dans ce domaine.

Des moyens concrets
D’autre part, sur le plan de l’action de terrain, on peut observer un fourmillement d’initiatives venant notamment d’organisations chrétiennes locales. Celles-ci visent à favoriser le développement d’une activité agricole familiale ou communautaire, dans le but de permettre aux paysans de renforcer leurs capacités, se former, améliorer la valorisation ou la commercialisation des produits, appuyer la restauration des terres, etc.
C’est ainsi que l’organisation togolaise Bonne Œuvre, partenaire du SEL, soutient un groupement de riziculteurs pour encourager la production de riz qui sera consommé et vendu localement. L’objectif est d’équiper les bénéficiaires en petit matériel, de les former sur les techniques culturales pour améliorer leur production et leur permettre un accès au matériel de base pour la récolte, le tri et le séchage du riz. Ce projet offre à des familles démunies les moyens de s’en sortir.
Si la sécurité alimentaire dans les pays en développement est aussi notre affaire, l’évolution agricole en est sûrement l’une des clés principales. Et si c’était aussi un lieu du témoignage chrétien aujourd’hui?

Daniel Hillion

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