Fins stratèges et passionnés de Jésus

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Quand les décideurs chrétiens se rencontrent, il est question d’ambition, d’intégrité et de courage. Pour un engagement sensé. Photo: Le deuxième Forum romand a rassemblé plus de 200 décideurs chrétiens à Lausanne.

Les rencontres pour décideurs se suivent et ne se ressemblent pas. C’est Crêt-Bérard qui a ouvert les feux le 21 février, avec ses Rencontres Horizon. Une quarantaine de décideurs de l’industrie et de l’Etat, mais aussi des solo-entepreneurs sont venus chercher de l’inspiration au contact de plusieurs orateurs de renom. Chacun dans son style a montré en quoi le sens leur importe dans leur engagement professionnel.
Jean-Pascal Bobst s’est montré le plus engagé de tous. Il a détaillé la charte des quatre valeurs et huit comportements qui a été mise en place à l’occasion des 125 ans du groupe familial coté en bourse et actif dans le monde entier. «Une année de réflexion, de discussions passionnées ont été nécessaires pour y parvenir. En tant que chrétien, je ne peux pas parler de Jésus tout le temps. C’est pourtant ce qui me passionne.» Confiance, respect, passion et performance sont donc les valeurs communes de Bobst, «qui nous permettent d’avoir de meilleures âmes, face à nos concurrents», explique son dirigeant. Frédéric Hohl, directeur de la Fête des Vignerons s’est employé à faire vivre l’effervescence de l’événement phare de la Confrérie des Vignerons. De son côté, la très charismatique Sofia de Meyer, directrice d’Opaline, a témoigné de son aspiration à réconcilier l’humanité avec la nature.
Mais comme l’a expliqué Alain Monnard, pasteur résident de Crêt-Bérard, ainsi que les modérateurs, les Rencontres Horizon entendent surtout faire fructifier la réflexion et les échanges sur la quête de sens.

Cent millions de convertis
Quelques semaines plus tard, le 15 mars, c’est Europe Shall Be Saved (ESBS) qui recevait une quarantaine de décideurs chrétiens dans le cadre magnifique du Golf de Payerne. Jean-Pascal Bobst figurait aussi sur la liste des orateurs. Mais l’intention était tout autre.
«Nous avons une ambition: cent millions de conversions en Europe. Pour y parvenir, il faudra faire plus que juste financer des activités d’Eglises», a lancé Alexandre Juvet, porte-parole d’ESBS. Cette organisation, qui se veut aussi invisible que possible, entend mobiliser les chrétiens au-delà des barrières confessionnelles, en particulier ceux qui ont de l’influence (entrepreneurs, médias, etc.). «Si chaque croyant se multiplie cinq fois en dix ans, on y arrive. Cela signifierait qu’un Européen sur sept devient chrétien.»
7000 personnes sont déjà mobilisées par le cycle de la moisson d’ESBS, une formation pour rendre les chrétiens contagieux. En parallèle, des tables rondes sont organisées afin de mobiliser les moyens et susciter des collaborations. Déterminé, Jean-Pascal Bobst a témoigné que pour lui, «le temps était venu de se positionner pour Jésus. Témoigner, c’est dire ce que Dieu fait dans ma vie, tout en respectant les autres.» Il a annoncé aux entrepreneurs présents qu’il souhaitait lancer un fonds d’investissement de quinze millions de francs suisses pour lancer des startups chrétiennes afin d’atteindre l’objectif.

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Rester intègre
Dans un tout autre registre, le deuxième Forum romand pour décideurs chrétiens a une nouvelle fois rassemblé plus de 200 personnes de toute la Suisse romande. Le 5 avril, à Lausanne, une quinzaine d’orateurs se sont succédé avec des interventions courtes sur le thème des choix courageux. Parmi les nombreuses perles de la journée, Daniel Schöni, «poids lourd» du transport routier suisse, a ainsi rappelé que lorsqu’il demandait conseil à Dieu et l’écoutait, ses décisions étaient couronnées de succès. «L’inverse n’est pas vrai», a-t-il aussi reconnu. Dans une branche où les acteurs se livrent une concurrence acharnée, il a compris que Dieu lui demandait de rester intègre, «afin de se voir confier davantage».
De son côté, Erich Mosset (photo), qui a dirigé le second fournisseur de mouvements horlogers sur le continent européen, a plaidé la responsabilité, l’excellence et la confiance en Dieu. «Il ne faut pas suivre la concurrence, mais trouver son identité et avancer avec courage.»

Ils se lèvent avec courage
Durant cette journée, le courage a été célébré de diverses manières. Par exemple celui de Nathan Koebe, jeune consultant en informatique, qui a relié Canterbury depuis Lausanne; plus de 1100 kilomètres en trente jours de course à pied pour financer un projet humanitaire en Tanzanie. «Un exploit sportif plus formateur que de nombreuses formations que j’ai suivies.»
Marie-Hélène Miauton et Shafique Keshavjee, respectivement fondatrice de MIS Trend et théologien, tous deux auteurs, ont partagé avec authenticité et profondeur ce que le courage leur inspirait. La première a rappelé à la fois que «le courage n’est pas le moteur de l’action, mais il en est un ingrédient», et le second a insisté sur «le côté libérateur du courage», lui qui se sait menacé de mort en raison de l’ouvrage L’islam conquérant (éd. IQRI), qu’il vient de publier.
A l’heure des questions avec le public, Michelle Talentino, fondatrice de Made in Hope aux Philippines, une ONG qui soutient les femmes et les enfants victimes de trafic et d’esclavage, a lancé une phrase qui résume peut-être le mieux ce que la plupart des intervenants ont dit: «Servir une vision qui nous dépasse, c’est ce qui nous donne du courage.» Rythmé, ce forum semble avoir trouvé son public.

Christian Willi

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