La demande de la FEV enfin officialisée

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Seize ans après sa constitution, la FEV a déposé sa demande de reconnaissance auprès de l’Etat de Vaud. Photo: Debout de gauche à droite: Jean-Luc Chollet (député), Christian Monod (dissimulé), Stéphane Baehler, Danielle Curchot, David Rossé, Jean Vaney, Eric Golaz (délégué aux affaires religieuses). Assis: Olivier Cretegny et Béatrice Métraux.

Mission accomplie! En déposant sa demande de reconnaissance d’intérêt public auprès de l’Etat le 9 avril, la Fédération évangélique vaudoise (FEV) a rempli la mission pour laquelle elle s’était constituée en 2003. Devant un petit comité réuni au château cantonal, Olivier Cretegny a remis à la conseillère d’Etat Béatrice Métraux la déclaration liminaire signée par quarante-deux Eglises membres de cinq fédérations évangéliques.
Six Eglises de la FREE et cinq autres rattachées à l’Association vaudoise d’Eglises évangéliques se sont abstenues de signer. «La déposition du 9 avril est une étape de plus après la remise du dossier en mai 2017. Je me sens déchargé et confiant de remettre la suite à un comité plus jeune et dynamique», partage Olivier Cretegny, qui quittera sa fonction de président au 31 mai.

Communauté religieuse et pas religion
En recevant la délégation évangélique, Béatrice Métraux s’est dite heureuse que la FEV souhaite marquer son attachement à la communauté vaudoise. «Nous reconnaissons bien une communauté religieuse et non une religion. En aucun cas nous nous aventurons sur le terrain religieux et théologique», a tenu à rappeler la conseillère d’Etat. Tout en ajoutant qu’un temps conséquent était nécessaire pour asseoir les réflexions et mener une intégration fine, qui tient compte de ce qui se passe dans la société. «J’ai souffert du communautarisme et n’en veux pas», a-t-elle ajouté. Et d’inviter les évangéliques à exercer des missions communes avec d’autres communautés religieuses, comme l’aumônerie.

Renouer, 180 ans après la rupture?
Dans son discours, Olivier Cretegny a expliqué pourquoi le processus de signature de la déclaration liminaire avait nécessité plus de temps que prévu: les interrogations soulevées par certains articles du document, mais aussi l’histoire même des Eglises évangéliques. «Issues d’une rupture avec les autorités politiques au 19e siècle, ces Eglises indépendantes devraient-elles renouer des relations institutionnelles avec les autorités, 180 ans plus tard?» Troisième élément, le souci de respecter les écrits du Nouveau Testament: «Jésus nous dit qu’il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu; l’apôtre Paul recommande d’être soumis aux autorités et Pierre, en fonction des circonstances, préfère obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Il y a une bonne marge de manœuvre dans cette lecture. Ce ne fut pas facile d’arriver à un consensus au sein de notre fédération», a concédé Olivier Cretegny.

Vers la transmission de valeurs
Le dossier est maintenant entre les mains du DIS (Département des institutions et de la sécurité). «La procédure (d’une durée minimum de cinq ans) de reconnaissance aboutit à une décision du Grand Conseil, sous la forme d’une loi qui peut donc également faire l’objet d’un référendum», précise le communiqué du Conseil d’Etat. Pour Olivier Cretegny, cette période d’élaboration d’un partenariat sera un temps passionnant, à la fois d’échanges, de mise en commun, peut-être de confrontation. «Mon sentiment est qu’à l’avenir, pour que nos Eglises puissent participer à cette transmission de valeurs fondamentales et être sel et lumière, il sera préférable d’être reconnu d’intérêt public.»

Sandrine Roulet

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