PEV: un siècle d’engagement

image: PEV: un siècle d’engagement
© DR

Amener les valeurs de l’Evangile en politique, tel est l’objectif poursuivi par le Parti évangélique suisse (PEV) depuis cent ans. Photo: Célébration du 100e anniversaire le 9 mars dernier sur le Gurten. Dans les rangs, troisième depuis la gauche: Marianne Streiff, présidente du parti.

«Pour les valeurs qui comptent, durablement.» C’est la devise affichée par le Parti évangélique suisse, qui célèbre ses cent ans d’existence. Le 9 mars, devant six cents invités réunis sur le Gurten, le conseiller fédéral Ignazio Cassis a salué un parti qui, «avec les valeurs qu’il défend, contribue de manière importante à notre pays».

Quatre thèmes principaux
Depuis sa création en 1919, le PEV a eu des représentants au Conseil national presque sans interruption. Dirigé par Marianne Streiff, il se profilera aux élections nationales d’octobre avec quatre thèmes principaux: la lutte contre l’exploitation des êtres humains, une économie respectueuse du bien commun, une politique générationnelle durable et la paix religieuse.

Des valeurs solides
Comment expliquer la longévité du PEV, alors que sa représentativité est encore limitée tant au niveau fédéral que cantonal? Son vice-président François Bachmann analyse que dès ses débuts, le PEV a misé sur des chrétiens motivés à chercher le «bien de la ville» et appelés à être responsables devant Dieu et les hommes: «Leurs propositions témoignent de leur vision de la société privilégiant le bien commun, le soin de la Création et l’investissement pour les faibles (les veuves et les orphelins)», détaille-t-il. Avant d’ajouter que les électeurs apprécient l’intégrité des représentants du PEV, leur persévérance et leur franc-parler, surtout sur des thèmes pas forcément à la mode mais reflétant le souci du parti de construire sur des valeurs solides.

Large spectre d’électeurs
Ces électeurs du Parti évangélique, justement, qui sont-ils? La justice, la durabilité et la dignité humaine n’étant pas des valeurs exclusivement chrétiennes, ils proviennent d’un spectre plus large que le seul public chrétien, indique le vice-président. Quant aux membres, ce sont à parts égales des réformés et des évangéliques (49%), avec en bonus 1,5% de chrétiens d’autres dénominations et un petit nombre de non pratiquants.

Bâtisseur de ponts
En 1919, l’intention des fondateurs du parti était «d’amener les valeurs de l’Evangile dans un climat politique marqué par le traumatisme de la Première Guerre mondiale et l’absence de dialogue constructif entre la bourgeoisie au pouvoir et les travailleurs», relève François Bachmann. Aujourd’hui encore, le parti se veut être un bâtisseur de ponts.
Pour preuve, le Blick avait titré «Une élue PEV trouve le compromis pour l’AI» lorsque Maja Ingold, alors conseillère nationale, avait débloqué la situation lors de la révision de cette assurance. «La plupart des ponts se bâtissent en commission, lorsqu’il s’agit de formuler un texte qui tient compte des intérêts des uns et des autres», développe encore François Bachmann. Avant d’ajouter qu’au niveau vaudois, «le PEV se retrouve toujours dans l’alliance des partis du centre où il est essentiel de construire avec différentes sensibilités».

Sandrine Roulet

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°