Même démunis, ils s’entraident

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Alors que le Mozambique se trouve en pleine catastophe naturelle, les chrétiens se montrent solidaires. Série Tour du monde des églises

Au Mozambique, le cyclone Idai a directement affecté 1,4 million d’habitants en mars dernier. Les Eglises locales, bien que très pauvres, manifestent une solidarité qui interpelle.

L’une des pires catastrophes
Le cyclone Idai a traversé le Mozambique avec des vents atteignant les 220 km/h auxquels se sont ajoutées des pluies diluviennes. La ville portuaire de Beira a été détruite à 90%. Les inondations dans les terres ont pris une telle ampleur qu’un «océan intérieur» était visible de l’espace. L’Organisation météorologique mondiale a déclaré qu’il s’agit de l’une des «pires catastrophes météorologiques de l'hémisphère sud».
Près de 600 morts sont à déplorer. Dans cette nation, une des plus pauvres au monde, plus de la moitié des habitants vivent avec moins de 1,90 dollar par jour. Malgré cela, les Eglises œuvrent dans tout le pays pour collecter argent et biens en faveur des sinistrés.

Ils partagent de leur nécessaire
Dès que l’accès routier a été rétabli, les Assemblées de Dieu (ADD) de Maputo, la capitale, ont acheminé des produits de première nécessité à destination de Beira. Le pasteur Fernando Bata, président des ADD à Maputo explique: «Ils ont perdu leur maison, n’ont rien à manger, et pas de vêtements. Tous les chrétiens ici à Maputo essaient d’aider, de donner ce qu’ils ont. Il y a aussi des réunions de prière tous les jours. Vingt-huit églises de notre ministère n’ont plus de toit ou même de murs et un de nos pasteurs est mort.»
Le pasteur Abilio Mahumana, directeur du département de planification et développement au sein de l’Eglise presbytérienne du Mozambique, constate: «Nous sommes en train d’assister à une grande mobilisation de la part de toutes nos paroisses régionales. Les chrétiens donnent le peu qu’ils ont aux victimes qui n’ont plus rien. Ce sacrifice est consenti par tous. Ils prennent les choses qu’ils ont dans leur maison pour les envoyer à ceux qui sont dans cette situation de crise. Celui qui a deux pantalons en offre un.»

Chrétiens unis et actifs
Dans les centres d’accueil d’urgence, les croyants de dénominations diverses, eux-mêmes affectés par la catastrophe, incitent leurs compatriotes à se faire vacciner au plus vite contre le choléra qui est en train de se répandre. Dans le pays, 52.8% de la population est chrétienne. Les évangéliques, dont la croissance annuelle est de 5.4% représentent 13.3% des chrétiens. L’économie déjà fragile repose principalement sur l’agriculture. Le pasteur Fernando Bata explique: «Les habitants ont perdu leurs cultures à cause des inondations. Mais nous croyons en Dieu qui fait de grandes choses.»
Toutes les églises font ce qu’elles peuvent pour aider et soutenir les victimes mais elles savent qu’elles n’y parviendront pas seules.

Denise Leuba

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