Se lever en faveur du faible, la vocation de tous les chrétiens

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Dans le livre de Jacques, la vraie religion consiste à prendre soin de la veuve et de l’orphelin. Depuis toujours, Dieu appelle les chrétiens à pratiquer la justice sociale et ce, encore aujourd’hui. Mais concrètement, comment la mettre en pratique et se lever pour protéger les plus faibles?

«Le Dieu de la Bible se distingue des dieux de toutes les autres religions car il se place du côté des faibles, de la justice en faveur des pauvres.» Pour le pasteur et auteur Timothy Keller, pas de doute: la justice biblique se vit dans les relations sociales.

En faveur du faible
Coordinatrice de Michée France, Claire Balverde a étudié Pour une vie juste et généreuse, l’ouvrage du pasteur new-yorkais publié par les éditions Farel en collaboration avec le SEL et Michée. «Timothy Keller explique que pratiquer la justice - de l’hébreu tsedâqâh - implique de cultiver des relations justes, équitables et généreuses avec Dieu et les autres», confirme-t-elle. Pratiquement, cela consiste à s’occuper des plus faibles comme les personnes dans le dénuement, les infirmes, les âgés, les mendiants ou encore les migrants.
«Mais c’est aussi s’opposer à ceux qui exploitent les plus vulnérables», développe Timothy Keller. Il suggère par exemple de mettre sur pied des associations qui poursuivront en justice les organismes de prêts exploitant les pauvres; également de demander réparation en faveur des victimes. Au niveau personnel, il s’agit de faire preuve d’impartialité, comme y invite Deut. 16, 19: «Vous ne fausserez pas le cours de la justice, vous ne ferez pas preuve de partialité et vous ne vous laisserez pas corrompre par des cadeaux car ceux-ci aveuglent même les sages et compromettent la cause des innocents.» «L’individu pauvre ne peut pas donner de dessous de table aux législateurs et aux juges pour qu’ils lui soient favorables; le riche et le puissant, eux, peuvent le faire. C’est pourquoi Dieu a tellement horreur de la corruption», analyse le pasteur new-yorkais.

Une faute contre Dieu
Dans son livre, il prend Job pour modèle de droiture. En effet, au chapitre 31, celui-ci s’exclame: «Si je n’ai pas fait droit à ma servante ou à mon serviteur, quand ils avaient un litige avec moi, je ne saurai que faire quand Dieu se lèvera pour me juger.» Ou encore: «Si j’ai brandi le poing à l’encontre d’un orphelin, me sachant soutenu au tribunal, alors que mon épaule s’arrache de mon corps, j’aurais renié le Dieu du ciel.»
En outre, se comporter avec justice envers son prochain, c’est aller au-delà de la simple charité, développe Claire Balverde: «Le juste ambitionne pour le pauvre une vie heureuse.» S’appuyant sur les préceptes divins donnés aux Hébreux pour une société juste (Deut. 15), Timothy Keller souligne que donner au pauvre une pièce en guise d’aumône n’était pas suffisant: il fallait lui consentir du crédit et l’aider jusqu’à ce qu’il sorte de l’état de pauvreté: «Le souci que Dieu a du pauvre est tellement fort qu’il a doté Israël d’un grand nombre de lois qui, si elles avaient été appliquées, auraient pratiquement éliminé toute classe défavorisée permanente», souligne le pasteur. Une de ces lois était celle du glanage, qui permettait aux pauvres de subvenir à leurs besoins sans mendier. Mais comment l’appliquer à notre époque?

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Comment agir?
Face à la pauvreté, Timothy Keller évoque trois niveaux d’action: l’assistance, le développement et la réforme sociale. Plus concrètement, l’assistance correspond à l’accueil d’urgence, à l’hébergement, la distribution de nourriture et vêtements, les soins médicaux et une aide administrative, voire juridique, liste Claire Balverde. «Le développement, c’est donner aux individus, familles ou groupes ce dont ils ont besoin pour passer du stade de la dépendance à celui d’une certaine autosuffisance économique.» La réforme sociale cherche à changer les conditions et structures sociales qui provoquent ou aggravent la pauvreté. Si le chrétien moyen ne peut décider les politiques publiques ou lutter seul contre la corruption, il peut relayer des actions comme celle de Michée France ou de Stop Pauvreté en Suisse auprès de ses élus.

De Dieu, pour Dieu
«Il y a dans le monde une redistribution inéquitable des biens et des possibilités. C’est pourquoi si dans ce monde Dieu vous a confié des biens que vous ne partagez pas avec les autres, vous n’êtes pas simplement avare, mais également injuste», n’hésite pas à écrire Timothy Keller. Tout en relevant la tendance humaine à penser que ce que nous gagnons est uniquement le fruit de notre travail. «En réfléchissant, nous réalisons que sans les soins de nos parents, sans l’accès à l’école, sans la santé, etc. nous ne serions pas parvenus à “gagner” notre salaire», remarque Claire Balverde.
Avant d’ajouter: «Lorsque nous prenons conscience que d’être en vie est une grâce, alors nous comprenons que nos biens sont à Dieu. En tant que disciples de Jésus, nous sommes appelés à nous “donner” à lui, ce qui inclut nos finances.»

Sandrine Roulet

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