Il a quitté l’Eglise, pour mieux y revenir

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Après avoir été dégoûté de la foi, Emmanuel Fischer a cherché Dieu dans l’occultisme, sans succès. C’est en se plongeant dans l’Evangile avec un regard neuf que la vérité s’est imposée à lui. Témoignage.

«La petite dame âgée, toute tremblante et hésitante, est venue vers moi et m’a tendu la main», se souvient Emmanuel Fischer. Il avait récemment acheté une Bible - qu’il lisait - et avait décidé de se rendre dans une Eglise évangélique. Cela faisait trois semaines qu’il visitait ce lieu de culte. Trois semaines aussi que personne ne lui adressait la parole. Découragé, il avait pris la résolution: «Si personne ne me salue ce quatrième dimanche, je n’y remettrai plus les pieds.» Avec ses habits noirs, ses cheveux hirsutes et ses accessoires gothiques, le jeune homme n’inspirait pas confiance dans cette petite ville de province. Mais voilà que cette femme lui a serré la main à l’issue de ce quatrième culte.

Chrétiens peu convaincants
Ce que cette dame «courageuse» ne savait pas, c’est qu’Emmanuel Fischer avait été élevé dans une famille chrétienne. Très zélée d’ailleurs, puisque les trois enfants «avaient parfois un sentiment d’abandon» tant leurs parents s’impliquaient dans toutes les communautés qu’ils fréquentaient. Tantôt celle-ci, tantôt celle-là. Sauf que, derrière les portes closes, c’était une autre histoire. Sans vouloir entrer dans les détails, Emmanuel Fischer se contente d’affirmer que «mon expérience de l’Eglise ne m’a pas du tout attiré, et la foi de mes parents ne faisait pas du tout envie, bien au contraire». A tel point qu’à quinze ans, Emmanuel Fischer décide de se tourner vers le diable parce que «ça avait l’air plus sympa».

Recherche désespérée
Emmanuel Fischer adopte un mode de vie gothique, et «comme les autres jeunes qui s’y engagent» il bénéficie ainsi d’une famille. Mais comme eux, il est également en recherche «pour trouver Dieu ailleurs qu’à l’Eglise». Il se tourne vers de nombreux ouvrages de philosophie. Conclusion: «On réfléchit longtemps - des siècles - pour découvrir finalement qu’on ne sait rien.» Pas très utile pour ce jeune homme. Par ailleurs, plus il s’intéresse à certaines pratiques occultes, plus il ressent une lourdeur qui se transforme en dépression profonde, ce qui le mène à une tentative de suicide.

Redécouverte du message de l’Evangile
Etant artiste-peintre, Emmanuel Fischer quitte son Alsace natale à l’âge de vingt-cinq ans pour se rendre dans «le pays de Van Gogh». Le voyage ne lui apporte pas le bonheur escompté, mais il découvre les écrits de Blaise Pascal, «le premier philosophe qui parlait en bien de la foi». Voilà qu’Emmanuel se décide à revisiter les textes bibliques. Au marché d’Arles, il découvre un stand tenu par une Eglise et là, bien que sans le sou, il s’achète une Bible. Il prend goût au livre des Proverbes, à l’Ecclésiaste. Puis il se replonge dans la vie de Jésus telle que révélée dans les Evangiles. «Rien à voir avec les comportements que j’avais vus dans l’Eglise!», conclut-il en découvrant l’amour et la douceur de Jésus-Christ.
Au fil de sa lecture, Emmanuel Fischer voit germer en lui la foi, car comme il le rappelle, «la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ» (Rom. 10, 17). Et il insiste: «Les gens disent qu’ils ont trouvé Jésus. Mais dans mon cas, ce n’est pas vrai. Le constat de la vérité de l’Evangile s’est imposé de lui-même. Je ne pouvais plus faire marche arrière.»
Encore aujourd’hui, Emmanuel Fischer est reconnaissant pour l’Eglise qui l’a finalement porté dans son parcours de foi: «Leur amour pour moi a brisé les résistances de mon cœur.» Sa vie se transforme progressivement et il retourne, par exemple, demander pardon à ses parents pour ce qu’il leur a fait endurer, sans attendre de repentance en retour. Par la suite, il épouse Sylvie et les deux partent se former dans un institut biblique, toujours encouragés par leur Eglise à Arles.

Il avait prié...
Mais alors qu’Emmanuel Fischer n’était pas encore devenu pasteur, il avait été invité à exprimer une pensée biblique lors de l’enterrement de son père. En repartant, il voit s’approcher de lui un homme dont il ignore tout sauf le prénom: Daniel. Et là, il se souvient que parmi les nombreux visiteurs «religieux» chez ses parents au fil des années, personne ne s’était intéressé à lui, sauf ce fameux Daniel, qui avait cherché à échanger avec le garçon mal dans sa peau, «sans me juger». Et voilà que celui-ci se dirige vers Emmanuel dans ce moment de deuil. «J’ai prié pour toi», lui glisse Daniel en lui serrant la main.

Rachel Gamper

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