Elle sensibilise les Guyanais à la pauvreté

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Malou Bonnet est déléguée du SEL pour le département de la Guyane depuis sept ans. Un engagement qui s’inscrit dans son histoire personnelle. Portrait.

Quand on lui demande pourquoi elle s’est engagée face à la pauvreté, Malou Bonnet évoque plusieurs souvenirs. «En Guyane, les gens ne meurent pas de faim», souligne-t-elle: «On a toujours de quoi manger, même si on ne veut pas toujours manger ce qu’on a dans notre frigo.»
Au lycée privé qu’elle fréquente, elle découvre la figure de Mère Teresa qui s’est sacrifiée sans rien attendre en retour. Elle en est marquée et se sent révoltée par la misère. Mais elle ajoute: «Quand on grandit, qu’on prend de l’âge, qu’on entre dans la vie en couple, on a tendance à oublier.»

Elle désire s’engager
Le sujet de la pauvreté allait néanmoins refaire surface dans les pensées de Malou Bonnet. En allant sur internet, elle revoit certaines situations extrêmes, en Afrique notamment. Il est incompréhensible pour elle qu’il y ait des personnes dans le monde qui ne puissent pas se nourrir. Elle se dit qu’elle doit agir.
Malou se tourne vers le milieu associatif sans trouver d’abord un engagement qui lui convienne. Puis, elle découvre un jour le SEL sur internet avec son mari et parraine un enfant d’Haïti. Cinq ans plus tard, elle se met en contact avec un responsable du SEL en expliquant qu’elle désire aider. Celui-ci lui conseille d’attendre encore un peu, mais quelques mois plus tard, elle a l’occasion d’aller en région parisienne et de se rendre au siège du SEL. Malou et son mari Jean-Michel décident alors de faire connaître le SEL en Guyane.

Objectif: ouvrir les yeux sur la pauvreté
«Au début c’était très difficile. Les chrétiens n’avaient pas la notion de la pauvreté. Il fallait passer deux ou trois fois dans une Eglise pour que les gens prennent conscience du sujet.» Maintenant, au contraire, les chrétiens la pressent de questions sur le travail du SEL et ses résultats. L’intérêt a vraiment été éveillé sur la question et Malou Bonnet a bien été repérée comme le relais local de l’association. Ses interventions sont appréciées. Au point que, lorsqu’elle revient vers les Eglises après une période de baisse dans son activité de déléguée, on l’interpelle: «Malou, qu’est-ce qui se passe? Tu nous donnes du pain et puis tu nous le retires!»
En tant que déléguée, Malou Bonnet sait conseiller des niveaux d’engagement correspondant aux possibilités de chacun: «Tu peux être relais dans ton Eglise pour commencer ou dans ta famille. Tu n’as pas besoin de bouger dans tout ton département.»
Quant à elle, elle poursuit son engagement pour le SEL avec son mari - «c’est un projet qu’on fait complètement à deux» précise-t-elle - et contribue largement à enraciner la cause de l’engagement face à la pauvreté dans les Eglises de Guyane.

Daniel Hillion

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