Voyager, mais dans quel but?

image: Voyager, mais dans quel but?
© iStockphoto

Dossier vacances chrétiennes

«Expérimenter l’élan missionnaire en voyageant!» Enseignant en missiologie à l’IBG, Thierry Mirone emmène depuis plus de douze ans des équipes en voyage au Népal. Son but: faire découvrir le travail de chrétiens dans un contexte différent et ainsi sensibiliser à la mission transculturelle. «Partir pour peu de temps permet déjà de découvrir, de réfléchir à son appel et de s’orienter, en se confrontant au terrain», explique-t-il, témoignages à l’appui. «Je crois que je ne serai jamais missionnaire à l’étranger, mais maintenant, je sais ce que Dieu attend de moi», lui confiait un jeune participant au retour d’un séjour.
Ses astuces pour choisir au mieux son voyage? Sonder ses motivations; partir en conquérant, avec l’envie de changer le monde expose forcément à des désillusions, mais rechercher le partage et la découverte en acceptant de se laisser surprendre ouvre de belles perspectives. Ensuite, cibler un pays et un type de voyage qui rejoignent ses intérêts et qui soient portés par l’Eglise locale permet une mise en relation et évite souvent les écueils du «volontourisme». Enfin, s’ouvrir à l’inconnu. Dieu ne promet pas que tout se passera «comme sur des roulettes», mais il promet d’être du voyage!

Elle part à la rencontre de ses filleuls
Andrée, institutrice retraitée, parraine depuis plus de douze ans des enfants via l’ONG Compassion. «Ayant adopté une enfant moi-même, et ayant traversé avec elle les difficultés liées à son adaptation à son nouveau milieu et sa recherche identitaire, le travail de cette organisation qui donne un avenir à des enfants là où ils vivent, tout en leur parlant de Jésus, m’a totalement conquise.» Au fil des courriers échangés, l’envie de rencontrer ses filleuls et de les serrer dans ses bras grandit dans le cœur d’Andrée. Il y a cinq ans, son désir se concrétise et elle s’envole une première fois pour une semaine aux Philippines. Ce voyage sera suivi par d’autres en Inde, au Salvador et cette année en Malaisie. «Une fois passé le choc de la pauvreté dans laquelle vivent les familles, investir dans un tel voyage en vaut vraiment la peine», résume-t-elle. «Ce que l’on offre à l’enfant, par notre présence, notre amour manifesté et notre intérêt, est inestimable.»

Visite de chrétiens persécutés
Mick, 25 ans, s’est rendu au Liban avec l’organisation Portes Ouvertes, qui soutient les chrétiens persécutés: «Je n’étais jamais allé plus loin que la France ou l’Allemagne, mais je sentais que Dieu m’appelait à voyager pour lui.» Sur place, Mick est interpellé: «Malgré leurs conditions de vie difficiles, ces chrétiens syriens réfugiés dégageaient une telle joie de vivre, cela m’a secoué. Et que dire des témoignages de musulmans, voyant Jésus apparaître dans leur rêves ou dans leur maison en pleine journée?» Ces rencontres restent inscrites en lui comme une expérience marquante de son parcours de foi: «Je n’attends qu’une seule chose, c’est de recommencer, peut-être ailleurs ou plus longtemps?»
Depuis son retour, Mick essaie aussi de sensibiliser son entourage à ce que vivent les chrétiens persécutés: «Trop de chrétiens meurent ou sont persécutés à cause de leur foi pendant que l’on est assis dans notre canapé. On doit les aider, même si c’est seulement par un soutien dans la prière! On peut faire quelque chose, on doit faire quelque chose», conclut-il.

Rébecca Reymond

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°