FEV: Ces Eglises qui n’ont pas signé

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La demande de reconnaissance de la FEV a été déposée. Certaines Eglises ont préféré ne pas la signer. Pourquoi?

Moins d’un mois après les évangéliques, l’union vaudoise des associations musulmanes a remis sa déclaration liminaire signée pour être reconnue d’intérêt public par l’Etat de Vaud.
Depuis le dépôt de sa demande, en avril, la Fédération évangélique vaudoise (FEV) n’a pas eu de contact avec la Commission de consultation en matière religieuse, responsable de l’avancement des travaux. Mais si son dossier devait encore être étudié cette année, ce sont les futurs co-présidents de la FEV par intérim Christine Volet (Major à l’AdS et représentante évangélique à l’aumônerie œcuménique des hôpitaux et cliniques) et Stéphane Baehler (pasteur à Impact Avenches/EEAR) qui poursuivraient le dialogue avec l’Etat au nom du comité.

Déclaration trop contraignante
Si une majorité des communautés membres de la FEV ont signé la déclaration liminaire, six Eglises de la FREE et les cinq Eglises de l’Association vaudoise d’Eglises évangéliques se sont toutefois abstenues. Parmi les raisons de cet abstention, Olivier Cretegny fournit un exemple concret: «La prééminence des lois civiles sur celles de la communauté religieuse est mentionnée dans la déclaration liminaire. Cette formulation, malgré les réponses rassurantes reçues de l’Etat, a été un obstacle à la signature pour quelques membres.» Plusieurs ont également estimé que la déclaration liminaire était trop contraignante. Ou encore: «Lorsque le monde évangélique a débuté sa réflexion, une reconnaissance semblait pertinente. Mais aujourd’hui, où même les aumôniers ne peuvent plus partager leur foi librement, il me semble que l’intérêt pour cette reconnaissance s’est réduite comme peau de chagrin», a confié un pasteur de l’une des Eglises non signataires, sous couvert d’anonymat.
Secrétaire général de la FREE, Philippe Thueler relève que les Eglises non signataires de sa fédération ont investi du temps et de l’énergie pour affiner leur décision et que certaines de leurs interrogations ont trouvé une réponse dans les précisions apportées par le comité de la FEV.

Aucune différence de traitement
Mais, tout bien pesé, la situation actuelle, c’est-à-dire être simplement une association sans reconnaissance particulière, leur a semblé mieux correspondre au type de lien qu’elles souhaitent avoir avec l’Etat», explicite-t-il. Quoiqu’il en soit, les relations ne seront pas modifiées: «Nous avons pris l’engagement de ne pas faire de différence de traitement selon l’appartenance ou non à la FEV. Les instances de la FREE considèrent qu’il s’agit de respecter ce qui s’apparente à une objection de conscience de la part des Eglises non signataires», précise encore le secrétaire général. En outre, la FEV se réjouirait d’accueillir en son sein d’autres fédérations d’Eglises rattachées au mouvement évangélique sur sol vaudois; ce qui lui donnerait encore davantage de crédibilité aux yeux de l’Etat.

Sandrine Roulet

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