«Maman n’aime pas ma musique»: Dick Rivers

image: «Maman n’aime pas ma musique»: Dick Rivers
© DR

Dick Rivers: Maman n’aime pas ma musique

Dans ma caisse américaine, je suis le plus fort.
Toujours un peu voyou, un peu rock, je ne peux plus sortir dehors.
Toutes les filles ramassent mes chewing-gums pour leurs livres d'or
Et si les gens m'appellent l'idole des jeunes
Ils n'ont pas vraiment tort.

Mais dites-moi, pourquoi Maman n'aime pas ma musique?
Oh! Dites-moi pourquoi Maman n'aime pas ma musique!

La fille que j'aime est électrique, elle me prend toutes mes nuits
Mais sa maman a écouté mes disques, elle préfère Tino Rossi.
Mais sur la scène, sous les spotlights, je suis encore le plus fort.
Je rock and roule pour vous et tout éclate dans vos transistors.

Mais dites-moi, pourquoi Maman n'aime pas ma musique?
Oh! Dites-moi pourquoi Maman n'aime pas ma musique!
Mais dites-moi pourquoi Maman n'aime pas ma musique!

Ces Hits entrés dans l'histoire.

A qui plaire? Et comment? C’est l’interrogation qui inquiète Dick Rivers dans ce tube de 1974. Sa mort récente du cancer nous laisse le souvenir d’un artiste intègre et authentique, mais qui n’a jamais su plaire à un public aussi nombreux que ses pairs Johnny ou Eddy Mitchell, par exemple.
Néanmoins, cette chanson parle d’un manque bien plus difficile à supporter: celui de ne pas plaire aux personnes qui comptent le plus. Il décrit un rockeur dont le succès le laisse frustré de ne plus pouvoir sortir de chez lui sans être submergé par les fans. Cette «idole des jeunes» plait tellement aux filles qu’elles «collectionnent» ses chewing-gums mâchés pour les coller dans leurs livres d’or. Il plait aussi à «la fille qu’il aime» et qui occupe ses nuits. Mais quant à sa propre mère, il ne peut pas en dire autant. Dans l’absolu, il n’est pas à plaindre. Il a les moyens de rouler «en caisse américaine». «Sur la scène», sous les feux de la rampe, il se sent encore «le plus fort». Mais au fond de lui, il lui manque toujours l’essentiel: l’appréciation et la validation de celle qui l’a mis au monde.
Beaucoup connaissent ce même dilemme. Plaire à dix-mille personnes ne sera jamais suffisant s’il manque l’appréciation d’une seule: le parent désapprobateur, l’être aimé qui n’aime pas en retour, le Dieu qui semble toujours lointain. Nous avons l’habitude de voir le manque comme un aspect de notre humanité déchue, mais les lecteurs de la Bible savent qu’avec Dieu, ça marche dans l’autre sens aussi.
Dans sa parabole de la brebis perdue, Jésus se décrit comme un berger qui ne se satisfera jamais des 99 brebis présentes s’il lui manque la centième. Il présente Dieu sous les traits d’un homme riche qui se languit de son fils absent. N’est-ce pas étonnant de penser que d’une certaine façon, Dieu cherche la reconnaissance et l’appréciation dans notre regard porté sur lui?
Nous ne savons pas si Dieu peut éprouver un manque, mais une chose est certaine: son cœur de Père n’est pas au repos tant que ses enfants ne se tournent pas vers lui.

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°