Rassembler les jeunes, oui, mais comment?

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L’offre des rencontres de jeunesse doit souvent évoluer pour répondre à une demande difficile à cerner.

Les grands rassemblements de jeunesse nationaux, une formule toujours pertinente? La question se pose, alors que certains peinent à atteindre leurs objectifs.

Baisse de participation
Ainsi, en juillet 2017, 1200 jeunes seulement s’étaient inscrits pour les quelques jours de formation et de service Bouge ta France au Havre, sous l’égide du CNEF. Les organisateurs misaient sur un chiffre de plusieurs milliers de participants. De même, les congrès des Groupes Bibliques Universitaires de France étaient passés sous la barre des cent inscrits ces dernières années, tandis qu’au début des années 2000, la rencontre annuelle en comptait plus de deux cents.

Le contenu et la forme sont importants
Pourtant, d’autres rassemblements ont le vent en poupe. Le congrès Dynamique nationale jeunesse (DNJ) des Assemblées de Dieu, voit une croissance constante de la participation à cette rencontre trisannuelle, avec environ 5000 inscrits à l’édition 2018 près de Clermont-Ferrand. De même, plus de 900 jeunes de quinze à vingt-cinq ans étaient présents au Congrès Pâques 2019 de l’Institut biblique de Genève (IBG), soit deux cents de plus que pour la précédente édition de 2016. Le même week-end, Ze Rencontre réunissait à Mulhouse 2200 jeunes de 15 à 35 ans: deux cents de plus qu’en 2018.
Quels facteurs expliquent le succès de certains? Selon Pierre Klipfel, directeur de l’IBG, «de nombreux jeunes sont transformés par la Parole de Dieu, ce qui les incite à encourager d’autres à venir». Le bouche-à-oreille reste irremplaçable. «Nos œuvres partenaires nous font confiance et encouragent donc leurs jeunes à nous rejoindre», ajoute-t-il. Le Congrès est un «événement fort de célébration», explique de son côté Samuel Tricoire de la l’association DNJ. S’il est trisannuel, «c’est pour permettre qu’il y ait de la vitalité dans les régions, les réseaux». Le rassemblement est le fruit du travail des groupes de jeunes plutôt que l’inverse.
Par ailleurs, les organisateurs doivent être prêts à renouveler la forme tout en gardant un contenu biblique, pour répondre aux évolutions de la jeunesse. Ainsi, Pâques 2019 proposait des formations et activités ludiques voire physiques, comme de l’accrobranche. «Nous avons élaboré le programme du week-end avec un de nos partenaires, le blog jeunesse de la Reb’, ce qui nous permet d’être au plus près des questionnements habituels des jeunes.»

Ils revoient leur formule
De leur côté, les GBU ont décidé de remettre complètement à plat la formule de la rencontre associée à l’assemblée générale de l’association, afin de la recentrer sur la vocation des GBU. Rebaptisée Rencontre missionnaire nationale (RMN), elle est «devenue résolument missionnaire» selon Micaël Razzano, secrétaire général du mouvement. «Nous souhaitons profiter de ce rassemblement annuel pour équiper le mouvement des GBU dans sa mission auprès des étudiants, des lycéens et dans le milieu professionnel. #Témoins avait donc pour thème cette année “disciples en missions”.»
En plus des interventions de l’orateur principal, Claude Baecher, neuf parcours de formation de cinq heures étaient proposés, sur des thèmes tels que «le service chrétien, est-ce pour moi?» ou «se former au débat public». Résultat? La participation est repartie à la hausse. «L’événementiel ne suffit pas», conclut Micaël Razzano. «Il doit être accompagné d’une réflexion qui donne du sens, mais encore faut-il l’adapter au public visé.»

Célia Evenson

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