«Nos fiançailles»: Nilda Fernández

image: «Nos fiançailles»: Nilda Fernández
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Nilda Fernández: Nos fiançailles

Juste une ivresse
Pour que l'on cesse de boire
Une cicatrice
Pour que l'on puisse y voir
Où que l'on aille
Nos fiançailles

Juste une audace
Pour qu'on s'embrasse un peu
Une friandise
Pour qu'on attise le feu
Où que l'on aille
Nos fiançailles

Fort, fort
Et avec la mort
Je vais te faire une chanson
À l'intérieur, à l'intérieur
Et avec le vent
Je me tourmente sans raison

Où que l'on aille
Nos fiançailles

Lourds sont nos promesses et nos liens
Courts sont les kilomètres en train
Sourds ses mots d'amour et les miens
Sourds ses mots d'amour et les miens

Juste une ivresse
Pour que l'on cesse de boire
Une cicatrice
Pour que l'on puisse y voir
Où que l'on aille
Nos fiançailles

À la mi-juillet
Quand on soupire aux portes
Quand le cœur nous emporte
Et qu'on a mal aux reins
Et qu'on se dit que rien
N'est aussi prestigieux
Que les sommets neigeux
Quand on se dit peut-être
Ce que l'on voudrait être
Juste au-dessus des règles
Quand on se dit qu'on peut être...
Un aigle

Ces Hits entrés dans l'histoire.

Difficile d’entendre cette chanson empreinte de poésie nostalgique sans penser au temps où Nilda (Daniel) Fernández chantait dans le groupe Les Reflets avec d’autres jeunes chrétiens, dans les années 70. A l’époque, plusieurs de leurs compositions étaient entrées au répertoire des milieux évangéliques francophones.
Contrairement à ce que le titre semble annoncer, Nos fiançailles n’est pas une chansonnette d’amour à celle qu’il va épouser, mais plutôt un regard en arrière, l’évocation d’une époque où tous les espoirs semblaient permis. Qui n’a pas pensé un jour s’engager dans une voie qui lui apporterait le bonheur sans peine? Comme l’ivresse sans les méfaits de l’alcool dans la première strophe. Comme l’aigle de la dernière ligne qui plane sans effort au-dessus des sommets neigeux.
Pour un couple qui pense se marier, la période des fiançailles correspond au temps des projets communs, des espoirs d’avenir et de l’enracinement de la confiance réciproque. Les promesses portées par l’audace de la première embrassade sont encore un souvenir vif. Ensemble, on attise le feu de l’amour, on pense être fort, on se voit déjà gravir les plus hauts sommets. Tout cela figure dans ce texte.
Pour les uns, ces espérances deviennent réalité, bien que souvent, cela nécessite des efforts insoupçonnés. Pour les autres, les aléas de la vie finissent par avoir raison de cette vision optimiste, et il ne reste parfois que la nostalgie du passé. Bien sûr, ces lignes peuvent aussi être entendues comme l’évocation d’une période de la vie de Nilda Fernández où il voyait son avenir au travers des lunettes de la foi. Il paraît que ce chapitre de son passé l’embarrassait et qu’il s’était détourné de ses convictions chrétiennes.
Finalement, nous n’en savons pas grand-chose, mais il semble bien regretter l’époque des «fiançailles» où les attentes déçues n’avaient pas encore fait leur œuvre de sape.
A quoi est due la différence entre ceux qui trouvent dans la foi l’accomplissement de leurs espoirs et ceux qui repartent déçus? Les chrétiens honnêtes reconnaissent que la solution à cette question reste mystérieuse. La meilleure voie se trouve dans la relation au Christ lui-même, mais elle n’est qu’une partie de la réponse.

Jonathan Hanley

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