Chrétiens au parlement, pour quel impact?

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A trois mois des élections, des personnalités politiques expriment la nécessité de faire valoir des valeurs chrétiennes au gouvernement.

En octobre prochain, les Suisses éliront leurs conseillers nationaux et aux Etats pour les quatre années à venir. Grâce au scrutin proportionnel, même les petits partis peuvent accéder au Parlement. Mais avoir des chrétiens sous la Coupole, qu’est-ce que cela change?

La politique est partout
Présidente de la section Jura bernois du Parti évangélique, Valérie Oppliger est l’une des quarante candidats du PEV romand dans la course aux élections fédérales. Pour cette assistante sociale, l’implication des chrétiens en politique est primordiale pour que les valeurs chrétiennes continuent d’être défendues dans la société: «Avec tous les scandales de corruption récemment dévoilés, je souhaite que les chrétiens puissent apporter un témoignage différent et prégnant, emprunt de transparence.»
Au regard de cette quasi trentenaire, la politique est partout: «Je préfère donc être active que rester dans une position de spectatrice ou pire, me lamenter. L’engagement politique me permet de défendre concrètement les causes qui me tiennent à cœur», confie-t-elle. Si elle est élue au Parlement, elle défendra l’entreprenariat éthique, la préservation de la Création, une vie digne de la procréation à la mort et la lutte contre la traite des êtres humains.
Pour son collègue de parti Marc Jost, député au Grand Conseil bernois et secrétaire général de l’Alliance évangélique suisse, «les politiciens chrétiens assument des valeurs de dignité humaine, de justice et de liberté religieuse pour tous. Ces fondements importants de notre société doivent trouver une voix au Parlement au cours des quatre prochaines années.»

Israël a besoin de soutien
Conseiller national UDC et chrétien méthodiste, Erich von Siebenthal a construit en douze ans un grand réseau relationnel à Berne et dans toute la Suisse; raison pour laquelle il estime judicieux de se représenter pour quatre ans, notamment pour porter les préoccupations de la population des montagnes.
Depuis 2011, cet agriculteur et gestionnaire d’un chemin de fer préside le groupe parlementaire Suisse-Israël car «Israël a besoin du soutien politique de la Suisse. La Bible dit clairement ce qui se passe si nous rejetons Israël.» Pour Erich von Siebenthal, il est très important que les chrétiens soient présents en politique non seulement pour ce qui se passe sur le devant de la scène, mais aussi dans les coulisses.
Il partage par exemple que depuis cinq ans, un groupe formé de conseillers nationaux et d’une conseillère aux Etats, tous engagés dans la foi, se rencontre une fois par session pour soutenir les chrétiens persécutés dans le monde. Epaulés par l’organisation HMK basée à Thoune, ils écrivent aux gouvernements d’autres pays et ont déjà obtenu des issues favorables pour que des Eglises fermées puissent réouvrir. Candidate de l’UDF, Sylvie Ruffieux-Guignard juge qu’on n’entend pas suffisamment la voix des chrétiens: «Les mœurs changent, ce qui provoque de plus en plus d’instabilité et de souffrances pour les générations futures», déplore-t-elle. Si elle est élue, elle défendra la famille traditionnelle, et notamment que chaque enfant ait un père et une mère. Et s’impliquera également pour que la liberté d’expression soit protégée, pour des médicaments moins chers et davantage de respect de l’environnement.

Des liens se créent entre chrétiens
Après dix ans au Conseil national, le socialiste Jacques-André Maire ne se représente pas pour les élections d’octobre. Laissant ainsi la place à des candidats plus jeunes et à plus de temps pour sa vie privée et familiale. Pendant ses vingt-cinq ans d’engagement public et politique, sa motivation a été la défense des personnes les plus fragiles de la société ainsi que la recherche du bien commun: «Convaincu que Dieu aime chaque personne, j’ai toujours cherché à favoriser la solidarité car tous les êtres humains sont créés à l’image de Dieu; toute distinction de race, de langue, de nationalité et de religion est exclue si elle porte atteinte à la dignité humaine», insiste-t-il. A Berne, Jacques-André Maire a expérimenté que des liens peuvent se créer entre collègues parlementaires chrétiens, au-delà des divergences politiques, et ceci dans un profond respect. Mais le conseiller national souhaiterait toutefois que les décisions prises par ces politiciens chrétiens, à commencer par lui-même, reflètent mieux l’amour de Dieu pour tous, au-delà de leurs intérêts personnels ou partisans.
Face à des choix difficiles, ou dans des moments de découragement, le Neuchâtelois se ressource dans la prière, la méditation de la Parole de Dieu ou le partage avec ses proches, notamment son épouse, également impliquée en politique.

Sandrine Roulet

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