Une Eglise plus évangélique que jamais

image: Une Eglise plus évangélique que jamais
© iStockphoto

Si plus de la moitié de sa population se déclare sans religion, l’Angleterre connaît néanmoins un fort élan évangélique.

Dans un climat incertain marqué par des divisions sur la question du Brexit et un fort déclin des confessions traditionnelles, les chrétiens du Royaume-Uni veulent être porteurs de paix et d’espoir.

Un défi quotidien
«Comme c’est le cas dans d’autres pays occidentaux, il y a au Royaume-Uni un mélange de désaffection pour les congrégations chrétiennes dites traditionnelles et une croissance des protestants évangéliques et des charismatiques», assure Jo Frost, porte-parole de l’Alliance évangélique du Royaume-Uni (EAUK). Selon elle, le principal défi dans le pays est de parler de Jésus dans la vie de tous les jours, au travail, dans une société de plus en plus sécularisée. «Pour beaucoup de personnes la vérité de Jésus peut être perçue comme blessante.» Selon les données de l’étude British Social Attitudes (BSA) publiée en 2017, pour la première fois, plus de la moitié de la population adulte déclare ne pas avoir de religion (53%) contre 31% en 1983, première année de l’étude. Seuls 3% des adultes de moins de vingt-quatre ans se disent anglicans - la religion nationale - quand les trois quarts des jeunes de cette tranche d’âge se déclarent sans religion.

La vérité depuis l’intérieur
Malgré tout, l’Eglise d’Angleterre n’a jamais été aussi évangélique, en témoignent les arrivées de John Sentamu - archevêque d’York depuis 2005 - et de Justin Welby - archevêque de Cantorbéry depuis 2013 - à la tête de l’Eglise. Tous deux sont issus du milieu évangélique. Dans une longue enquête, Sam Hailes, rédacteur en chef de Premier Christianity - principal magazine chrétien du Royaume-Uni - détaille la «prise de contrôle» de l’Eglise d’Angleterre par les évangéliques. Il revient notamment sur une controverse en 1966 entre le prédicateur Martin Lloyd-Jones, d’un côté et le théologien anglican John Stott de l’autre.
Le premier avait critiqué publiquement le fait que des évangéliques restent au sein de l’Eglise anglicane, s’alignant selon lui sur des dirigeants promouvant le libéralisme. Il suggérait que les évangéliques forment plutôt leur propre union d’Eglises. John Stott lui avait répliqué que les évangéliques devaient rester dans l’Eglise d’Angleterre et se battre pour la vérité de l’intérieur. «Cinquante ans plus tard, les évangéliques ont de bonnes raisons de croire que l’argument de John Stott a finalement gagné», écrit Sam Hailes.

Appelés à être un phare dans le brouillard
Davantage portée sur l’évangélisation et formant plus de prêtres ces toutes dernières années, l’Eglise d’Angleterre coopère avec les autres dénominations protestantes évangéliques. «C’est le cas à Londres, Reading ou Manchester où de nombreuses personnes se sont converties ces derniers mois. Beaucoup sont intéressées par la foi chrétienne et acceptent qu’on prie pour elles», s’enthousiasme Jo Frost. «La question du Brexit, très clivante dans la société britannique, est l’occasion pour les chrétiens de s’engager dans la prière pour leur pays et leurs dirigeants. Et d’être une voix de paix et porteurs d’espoir pour que des vies soient transformées.» Comme un phare dans le «fog londonien».

David Métreau

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°