Faire preuve de sagesse en 2019, un choix à contre-courant

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Démontrer de la sagesse est un style de vie en voie de disparition. Et si la Bible et l’exemple de Jésus étaient encore valables aujourd’hui? Entre réflexion et action, la sagesse est à la portée de tous, par des gestes simples.

Aujourd’hui la parole, c’est 280 signes, la pensée, c’est une personne, une chambre et une caméra, l’opinion, c’est une story de cinq secondes. A l’ère des réseaux sociaux, le monde entier s’exprime à toute vitesse et se nourrit de l’éphémère. Dans la course, la sagesse aurait-elle rendu son dossard?

Quelle définition?
«Sois sage», dit-on aux enfants agités, «sois sage», a-t-on entendu. Mais cette sagesse que l’on impose aux petits et que l’on était censé acquérir, quelle est-elle exactement? «Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse et l’homme qui possède l’intelligence», indique Proverbes 3, 13.
Titulaire d’un master en philosophie, Yves Bulundwe s’interroge: «La sagesse est une capacité très recherchée. Derrière elle, on comprend la capacité à appréhender une situation, à comprendre des concepts et idées, à être équilibré et pondéré, à savoir apporter un éclairage nuancé, précis et riche.» Une approche en contraste avec un rythme de vie imposant une réflexion précipitée.
Pour le pasteur de Lausanne, il existe plusieurs sagesses: «La sagesse émotionnelle, la capacité à comprendre des liens logiques, la capacité à créer, la capacité à trouver des solutions ou encore la sagesse relationnelle.» Mais avant tout, il souligne la définition biblique. «La sagesse, c’est avant tout la crainte de l’Eternel. Etre sage, c’est connaître Dieu et se connaître soi-même.»

Sagesse intemporelle
La Bible regorge certes de conseils en matière de sagesse, mais à l’heure actuelle, ce terme semble avoir perdu voix au chapitre. Est-il possible de rechercher la sagesse en 2019?
Selon Yves Bulundwe, il s’agirait en premier lieu de comprendre 2019. «Nous sommes dans une période marquée par un individualisme exacerbé, un relativisme poussé à l’extrême et une quête de bonheur envers et contre tout.» L’individu désireux de poursuivre la sagesse pourrait ainsi sortir de cet individualisme pour se tourner vers autrui. Et le philosophe d’ajouter: «On peut aussi voir cette ère comme celle du déconstructionnisme. On déconstruit tout ce qu’on peut, comme on le veut, si tout est relatif, rien n’est vrai et nous sommes dans le besoin de tout redéfinir pour nous-mêmes et par nous-mêmes.» La sagesse elle-même se doit donc d’être redéfinie.
Dans Sagesse de Dieu sagesses des hommes (autoédition), écrit par Toshak, la correspondance entre deux protagonistes, un athée et un croyant, traduit bien l’enjeu: «Votre sagesse n’est pas notre sagesse! Et si tout se résumait à cette maxime? Maxime d’une simplicité biblique. Et si nos divergences étaient en fait réductibles à cette alternative: votre sagesse ou notre sagesse? (…) Vivre selon la sagesse du monde comme l’écrit l’apôtre Paul, car le monde, c’est l’humanité ignorant le Dieu de l’Ecriture, et la sagesse du monde, c’est la sagesse des hommes, ou vivre selon la sagesse de Dieu. Or si cela est le cas, la racine de nos divergences remonte aux origines, et c’est comme un parfum d’Eden qu’elle traîne avec elle.»

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Pour Yves Bulundwe, être sage en 2019, c’est oser la simplicité: «C’est aussi reconnaître notre besoin existentiel de foi et avoir une fondation solide. Pour moi, cette fondation c’est Jésus, “le chemin, la vérité et la vie”. Etre sage c’est oser lui faire confiance et vivre selon son enseignement.» Et d’ajouter qu’il s’agit d’éviter de succomber à la prochaine mode, de veiller à ne pas être uniquement un animal qui consomme, mais un être à l’image de Dieu.
Pour devenir cet être-là, la vie de Jésus est source d’inspiration. Le pasteur mentionne cinq exemples: «La vie en communauté: Jésus a décidé de s’entourer pour vivre son ministère. Il n’était pas isolé. Il y a de la sagesse à vivre entouré.» Ensuite, «la soumission. Jésus n’a pas accompli sa volonté mais celle du Père. Nous devons apprendre à nous soumettre à nos autorités», poursuit Yves Bulundwe. Et d’ajouter les notions de service, d’inclusion puis d’amour disponible et manifesté.

Jeunesse concernée
Si la sagesse est souvent associée à la vieillesse, les jeunes ne sont pour autant pas mis de côté. Certes «l’expérience participe à la sagesse. Il est évident que plus on est âgé, plus on gagne en sagesse», explique le pasteur. «Mais cela ne signifie pas qu’on l’exprime toujours ni que la jeunesse ne peut pas être sage.»
Et de revenir à l’exemple de Jésus: «Dans son adolescence, Jésus grandissait en sagesse (Luc 2, 52). Par ailleurs, Paul encourage Timothée à ne laisser personne mépriser sa jeunesse. On peut faire preuve de sagesse à plein d’égards, sans prétendre tout savoir et comprendre.»
Pour les jeunes, Yves Bulundwe préconise de «ne pas se surestimer, d’avoir soif d’apprendre, de prendre le temps de connaître Dieu et de se connaître soi-même». Et de conclure en affirmant que «cela ne devrait jamais être en corrélation avec l’âge». De quoi être étudiant en sagesse une vie durant.

Maude Burkhalter

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