Il cuisine pour honorer Dieu et ses invités

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La passion pour la cuisine et celle pour l’annonce de l’Evangile se rencontrent quand Basile Dabbo et une équipe cuisinent après le culte. Portrait.

Un dimanche par mois depuis sept ans, Basile Dabbo (à gauche sur la photo) et une équipe de l’Eglise évangélique M à Valence préparent et servent gratuitement un repas à près de 200 convives. «C’est pour nous une manière d’honorer ceux qui viennent, de leur montrer qu’ils ont de la valeur», explique le trentenaire, un des cuisiniers de l’équipe. Grandes marmites, tenues de chefs avec le nom de l’Eglise et le prénom floqué sur la blouse: on pourrait se croire au restaurant. Un week-end par mois, l’Eglise adapte son programme et le culte pour «inviter des amis à connaître l’Evangile». En plus d’une soirée louange, d’un culte au vocabulaire «adapté», le repas du dimanche midi vient rendre le week-end «convivial». La nourriture physique complète la nourriture spirituelle.

Un projet qui a pris de l’ampleur
Autour d’une poignée de référents, une vingtaine de personnes s’affairent pour réfléchir aux menus, faire les courses, préparer les repas, s’occuper de la cuisson le dimanche matin à l’heure du culte, mettre la table, servir et faire la vaisselle. «Par ce service, nous voulons témoigner de notre amour pour Dieu et pour ces personnes», déclare Basile Dabbo avec modestie. C’est pour lui une occasion de concilier passion et talent pour la cuisine avec un service auprès des autres dans l’Eglise.
«Certains comme moi aiment popoter, d’autres sont des professionnels et travaillent dans des métiers de bouche durant la semaine.» Le projet qui a démarré avec trois personnes a largement débordé de sa mission d’origine. «Les compétences que nous avons acquises dans l’organisation nous ont amenés à préparer des repas pour des centaines de personnes, par exemple lors du Noël du cœur, un événement festif et solidaire à Valence», témoigne le jeune père de famille. Une fête désormais soutenue par la municipalité de la capitale drômoise.

Echanges interreligieux et interculturels
Les repas du dimanche ont aussi permis à des personnes de l’Eglise qui ne se parlaient pas de faire connaissance et de «renforcer la communion fraternelle», se réjouit le cuisinier bénévole. «Des personnes défavorisées peuvent aussi venir. Certaines sont reparties avec des paniers repas et de quoi manger pendant deux jours grâce aux restes. Quand elles nous ont remerciés, on voyait que ça venait du cœur», relate Basile Dabbo, ému.
«Le temps du repas, c’est aussi une porte d’entrée pour des échanges interreligieux et interculturels. Régulièrement, des musulmans participent et viennent voir ce qu’on vit en Eglise.» En plus d’un témoignage chrétien bienveillant, la cuisine lui permet de «rendre service à la communauté». Basile Dabbo et l’équipe de cuisine - sans même en avoir conscience - imitent Jésus à leur manière, lui qui, après avoir enseigné, avait aussi nourri les foules.

David Métreau

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