Le TopChrétien rival des Eglises?

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Vingt ans après le lancement de sa plateforme internet, le TopChrétien s’apprête à démarrer TopTV en mars 2020. Concurrence ou soutien aux Eglises locales? Le point.

Le TopChrétien fêtait ses vingt ans en grandes pompes le 11 mai au Pavillon Baltard près de Paris. Le portail web, mis en ligne en juillet 1999, par le pasteur pentecôtiste Eric Célérier a été pionnier dans l’internet chrétien évangélique francophone. Des millions d’internautes ont pu lire des prédications, écouter de la musique, visionner des témoignages. Au point d’être vu comme un concurrent pour les Eglises locales?

Monde francophone
«Dans toutes les Eglises où je vais, quel que soit le milieu, le TopChrétien est lu et alimente la foi de plusieurs des membres», assure Carlos Payan, évangéliste, en déplacement quatre week-ends par mois. «Le TopChrétien n’a pas de frontières, c’est une offre pour tous les chrétiens, il a largement dépassé le milieu des Assemblées de Dieu (ADD). L’équipe du TopChrétien est aujourd’hui consciente qu’elle nourrit tout le monde.» Parmi les internautes, en plus des métropolitains, beaucoup viennent des Antilles, de l’île de la Réunion et de toute l’Afrique francophone.

Des avis divergents
Avec le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), créé en 2010, les relations ont d’abord été assez froides, décrit Romain Choisnet, son porte-parole. «Une des premières prises de position du CNEF a été contre l’Evangile de prospérité, citant notamment Joyce Meyer, comme une prédicatrice, quoique modérée, de cette théologie. Or le TopChrétien est l’ambassadeur de Joyce Meyer en France». «Certains chrétiens, blessés par certains milieux d’Eglises ou à cause de difficultés de mobilité, suivent les cultes diffusés en ligne et en direct», analyse Carlos Payan, pour qui c’est un moindre mal. «Il vaut mieux que ces personnes se nourrissent via internet que pas du tout.» L’évangéliste reconnaît néanmoins que cette utilisation d’internet a pu déstabiliser certaines Eglises. «Ce qu’on a reproché aux catholiques avec la messe à la télé, nous sommes en train de le reproduire. Mais la société a changé et il faut s’adapter.»

Doux rapprochement
Côté CNEF, l’idée d’une Eglise virtuelle, qui a été parfois esquissée, ne prend pas. «C’est un sujet sensible. C’est d’une certaine manière en contradiction avec la vision du CNEF qui est d’implanter une Eglise pour 10 000 habitants», déclare Romain Choisnet. Selon lui, les relations avec le TopChrétien sont néanmoins en train de se réchauffer. «Le TopChrétien a réajusté certains de ses contenus, Joyce Meyer est revenu publiquement sur plusieurs de ses points théologiques litigieux, et surtout le directeur du TopChrétien David Nolent et celui du CNEF Clément Diedrichs se voient régulièrement.»
Preuve du rapprochement, David Nolent sera l’un des orateurs du prochain Centre évangélique d’action et d’information (CEIA) organisé avec le CNEF en novembre. Pour Romain Choisnet, le TopChrétien - qui lancera en mars 2020 sa TopTV - a encore un travail de pédagogie à faire «pour montrer aux Eglises qu’il n’est pas là pour les concurrencer».
Une œuvre comme TopChrétien a contribué à rendre les frontières interdénominationelles plus fines, juge Carlos Payan. «Avant, les pasteurs devaient mettre en garde contre les autres unions d’Eglises. Il n’y avait pas de TopChrétien pour voir et juger soi-même.» Il existe aujourd’hui une multitude de plateformes et de supports diffusant prédications et témoignages en plus du pionnier de l’internet évangélique français.

David Métreau

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