Business as Mission, un premier congrès européen

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Dossier Mission.

La première conférence européenne de Business-As-Mission (qu’on peut traduire en français par «mission au travers des affaires») (BAM) a eu lieu du 3 au 5 mai 2019, à Bucarest, en Roumanie. Elle a rassemblé 210 participants, de trente pays, issus du monde des affaires et du milieu académique, mais aussi des Eglises et missions européennes.

Diversité surprenante
Aujourd’hui, les initiatives BAM revêtent une diversité surprenante, aussi large que le sont les besoins humains.
Une assistante sociale néerlandaise propose des cours de cuisine aux prostituées des quartiers rouges d’Amsterdam désireuses de sortir de ce milieu et de gagner leur vie dignement. Cette initiative est à la base d’un des restaurants les plus populaires de la ville, lequel emploie toujours d’anciennes prostituées, mais préfère centrer sa publicité sur la qualité de sa cuisine et de son service.
Après avoir visité une ex-République soviétique où des écoles d’informatique formaient des techniciens hautement qualifiés pour des emplois inexistants, un entrepreneur britannique a décidé de créer la première société informatique de ce pays. Celle-ci est aujourd’hui sous-traitante de Microsoft.
Un jeune professionnel européen expatrié en Afrique du Nord a créé son entreprise afin d’impacter la société par des services de qualité et une nouvelle approche entrepreneuriale, respectueuse des lois et de l’éthique du travail chrétienne. Cela lui permet aussi d’être un soutien à l’Eglise locale, dans un pays où les moyens d’évangélisation traditionnels ne seraient pas admis.
L’approche BAM a déjà été développée par des missions aux Etats-Unis depuis une quinzaine d’années. Mais avant celles-ci, des entrepreneurs les avaient précédés. La fondation BPN initiée par Jörg Opprecht en est un exemple.

La souveraineté divine dans toutes les sphères
Quel chrétien travaillant dans le monde des affaires, de l’industrie ou des finances n’a jamais été frustré par la fausse dichotomie entre «vocation spirituelle» et «travail séculier»? BAM propose de répondre à ce dilemme en mettant en pratique cette vérité redécouverte par les Réformateurs: chaque champ d’activité humaine peut être investi au service de Dieu.
Les acteurs du BAM sont convaincus que la souveraineté de Dieu s’étend à toutes les sphères de la société. Par conséquent, ils vont au-delà de la vision missionnaire «classique» d’annonce de l’Evangile à ceux qui ne l’ont pas encore entendu, en développant des initiatives entrepreneuriales visant à transformer la société entière selon les valeurs du Royaume de Dieu. Ils poussent encore plus loin la notion moderne de «responsabilité sociale des entreprises», en affirmant que l’entrepreneuriat à but lucratif est un moyen valide d’être sel et lumière dans ce monde.

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Ethique chrétienne, création d’emplois et temps de prière
«Nous essayons d’aller plus loin que le simple fait d’être des chrétiens qui ont des entreprises», souligne Ingrid Bartel, directrice des opérations pour BAM Europe. «Il y a tout un travail de réflexion qui est proposé sur l’éthique chrétienne en entreprise, sur l’influence potentielle sur les salariés, les clients, les fournisseurs. Avec une entreprise, on peut avoir un impact local beaucoup plus large.»
BAM Training, issu de Jeunesse en Mission (JEM) et dont le siège est installé en Thaïlande, définit quatre caractéristiques d’une entreprise «missionnelle»: «Il doit y avoir une approche économique et la volonté d’avoir une entreprise rentable et durable, explique Ingrid Bartel. Telle entreprise BAM a un impact social en créant de l’emploi, par exemple. Au niveau spirituel, l’entreprise développe le discipulat, des temps de prière. Enfin, l’entreprise BAM a le souci de prendre soin de son environnement.» Tout cela dans le but de «faire avancer de Royaume de Dieu», «d’avoir un impact sur les peuples et les nations», tout en gardant une préoccupation pour les peuples les plus pauvres et les moins évangélisés.

Précédents historiques
Si le concept moderne de BAM est assez récent, on retrouve ses valeurs fondatrices tout au long de l’histoire de l’Eglise, en commençant par l’«entreprise» de fabrication de tentes de l’Apôtre Paul. On peut citer aussi les moines bénédictins, dont la devise Ora et labora (Prie et travaille) met en valeur le travail manuel au service de la communauté comme une dimension essentielle de la vocation monastique, ainsi que les Quakers, mouvement protestant ayant donné naissance à plusieurs centaines d’entreprises, notamment les banques Barclays et Lloyds.
Preuve que l’approche se développe en Europe, dès février 2020, l’organisation Business-As-Mission proposera une formation de deux semaines, à Amsterdam aux Pays-Bas, pour tous ceux qui souhaitent découvrir les fondements bibliques de l’entrepreneuriat et développer leur propre projet. La formation sera par la suite proposée dans d’autres villes du vieux continent.

Daniel Lesarment

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