Medair, pionnier de l’action humanitaire

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L’ONG met à profit les dernières technologies en gardant bien en vue leur appropriation humaine sur le terrain Dossier Mission.

Cartographie des populations sinistrées, utilisation éthique des drones dans l’action humanitaire, nouvelles technologies pour améliorer les soins, etc.: en trente ans d’existence, l’ONG chrétienne d’aide d’urgence et de reconstruction Medair est devenue une référence en matière d’innovation. «L’innovation a toujours fait partie de l’ADN de Medair. Cette idée de toujours chercher à se dépasser, à rechercher des nouveaux partenariats et de nouvelles idées pour mieux répondre aux gens en détresse est au cœur de notre action depuis toujours», assure Dominika Bednarova, conseillère en innovation humanitaire. Pour l’ONG basée en banlieue de Lausanne, innover ne se limite pas à la technologie. «Un autre grand pan inclut l’innovation structurelle interne et des outils de travail», explique la conseillère. Et cela, afin de garantir une action «pertinente» et «la plus efficace possible».

Multiplication des partenariats
Ainsi, Medair a développé des partenariats avec d’autres acteurs humanitaires, des universités et des entreprises du secteur privé. En 2014, l’ONG «animée par la foi chrétienne» a établi un partenariat avec la société d’analyse commerciale QLIK. «Cela a largement contribué au succès de nos projets de gestion de l’information au Moyen-Orient», se réjouit Dominika Bednarova. Au Liban, des données cartographiques précises sur l’emplacement des populations et leurs besoins permettent ainsi aux ONG de répondre au mieux à l’urgence humanitaire et de «donner une adresse» aux personnes déplacées qui ont perdu leur maison. Des familles ont pu retrouver leurs proches et surtout recevoir de l’aide de la part d’organisations internationales.
Dans ce même domaine de la cartographie, Medair participe à une étude de l’Université de Zurich sur l’utilisation éthique des drones dans l’action humanitaire, en collaboration avec le Programme Alimentaire Mondial, l’OMS et Médecins sans frontières. En outre, elle coopère avec The Humanity Lab d’Airbus sur la création d’une balance pour nourrissons malnutris.
Medair développe encore avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne une nouvelle technologie de désinfection de l’eau. Enfin, dans le domaine de la construction, l’ONG œuvre à la conception d’un outil pour construire des abris basiques mais qui ne peut pas être utilisé comme une arme, dans des régions souvent marquées par une violence endémique.

Les innovations doivent pouvoir s’implanter localement
Comment faire en sorte que toutes ces innovations de ne fassent pas au détriment du but premier qui est de venir en aide aux populations sinistrées? «La technologie ne peut remplacer l’empathie, le fait d’aller parler avec les plus vulnérables, d’écouter leurs besoins et d’essayer de trouver ensemble des solutions durables», insiste Dominika Bednarova. Loin des gadgets, la priorité est mise sur la durabilité. «Nous essayons d’utiliser des innovations qui puissent rester dans les pays où l’on travaille et nous formons notre staff local à leur utilisation.»
Avec la recrudescence des catastrophes naturelles, des conflits et des déplacements de population, la rationalité est de mise.

David Métreau

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