Indigènes au service de la mission

image: Indigènes au service de la mission
© DR

La mission change. Les chrétiens autochtones témoignent à leur propre peuple et au-delà. L’exemple des Amérindiens. Dossier Mission.

Depuis une vingtaine d’années, on assiste à un renouveau de la mission. Dans de nombreux pays, les chrétiens indigènes deviennent des clés pour atteindre leur propre peuple et au-delà de leurs frontières, les nations, y compris l’Occident en voie de déchristianisation. On parle de mission par la contextualisation. C’est le cas de nombreux Amérindiens qui trouvent aujourd’hui un chemin pour atteindre leur peuple blessé par une histoire douloureuse d’assimilation forcée.

Enlever les barrières ethniques
«Le ministère contextuel consiste à enlever les barrières ethniques qui empêchent l’Evangile de fleurir dans la communauté indigène», explique Robert Soto, pasteur et vice-président de la tribu des Apaches Lipans au Texas. Il aime citer l’apôtre Paul et son invitation à se faire à tous quand il rassemble les membres de son Eglise autour du tambour pour un temps de louange «à l’indienne» ou qu’il danse en costume traditionnel afin de célébrer son Sauveur.
«Le ministère contextuel n’est pas une tentative d’amalgamer différentes croyances religieuses pour n’en former qu’une, dit-il. Dans un ministère contextuel, nous prenons le meilleur des expressions culturelles d’adoration données par Dieu et nous les rachetons pour nous centrer sur Christ.»

Chanteur Mohawk
Chanteur Mohawk du Canada, Jonathan Maracle parcourt le monde et les réserves indiennes pour partager la libération qu’il a découverte en Jésus-Christ. «La contextualisation, c’est adorer et honorer notre Créateur à travers notre identité spécifique, tout en demeurant dans le cadre de la parole de Dieu, dit-il. Jésus est mort pour une conversion du coeur, non pour une conversion culturelle.»

Racheter l’identité culturelle
«Durant les 527 dernières années, observe le pasteur Soto, la Chrétienté a dit à notre communauté indigène de se débarrasser de notre identité amérindienne pour embrasser le Dieu de la Chrétienté.» Selon lui, la découverte du Dieu biblique ne devrait pas détruire l’identité culturelle, mais la racheter et en faire un vecteur conduisant à une relation vivante avec le Créateur par Jésus-Christ.
C’est ce qu’a expérimenté Michael Clark, à la fois Blanc américain, Cherokee et Blackfoot. «Avant de devenir chrétien, je recherchais la spiritualité amérindienne que je comprenais comme une philosophie new age et animiste. Quand je me suis donné à Christ, je pensais que mon identité amérindienne ne m’était plus accessible à cause de ma foi. Robert Soto, mon pasteur, a créé un pont entre ma foi chrétienne et ma culture. Christ m’a réconcilié avec ces deux identités.»
Cette réconciliation passe par l’abandon de pratiques en opposition avec la foi et demande du discernement: la danse du soleil des Sioux ne peut se concilier avec l’Evangile, notamment parce qu’elle cherche à acquérir par la souffrance ce que Christ a offert à la Croix.

En mission
De par leurs voyages missionnaires et malgré les oppositions, ces Indiens observent combien Dieu se sert de leur culture pour interpeller les Européens, souvent convaincus que la foi chrétienne est une affaire de Blancs. Billy Graham évoquait d’ailleurs les Amérindiens comme un géant endormi dont le réveil contribuerait de façon marquante à l’évangélisation du monde.

Nathania Clark

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°