Serge, visiteur bénévole en prison

image: Serge, visiteur bénévole en prison
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Serge Hänzi s’est engagé à visiter des détenus une fois par semaine. Il leur apporte une présence bienveillante et leur partage sa foi. Portrait.

Depuis dix ans, Serge Hänzi visite une fois par semaine des détenus dans divers centres pénitentiaires de Suisse romande. Lorsqu’il en parle, un franc sourire éclaire son visage.
Tout a commencé par un appel intérieur, lequel s’est concrétisé suite à une rencontre avec un ami impliqué dans ce service. Passé les formalités administratives, Serge Hänzi écrit une première lettre à un prisonnier dont on lui a transmis le nom. Ce dernier n’a ni famille ni ami en Suisse. L’homme accepte cette visite qui change du va-et-vient des avocats et des professionnels du milieu carcéral. Le courant passe. C’est le début d’une amitié qui va se construire sur quatre ans, à raison d’une à deux visites par mois, jusqu’à la sortie de prison. «La première fois que tu es venu me visiter, lui confiera cet homme, j’ai compris que je comptais pour quelqu’un.»

L’important: aller jusqu’au bout
Quand il commence, Serge ne sait pas pour combien de temps il s’engage, mais il comprend qu’il est important d’aller jusqu’au bout. «La pire chose qui peut arriver à un détenu, c’est que tu le visites et que tu t’arrêtes», relève-t-il.
Où trouve-t-il la motivation d’offrir son temps sans rien attendre en retour? Pour Serge, la visite des prisonniers relève d’un service évangélique. Il cite les paroles de Jésus: «J’étais en prison et vous êtes venus vers moi» (Mat. 25, 36). Il mesure aussi le prix de sa propre liberté.
Ce qu’il souhaite, c’est apporter une présence, une écoute, et si l’occasion lui est donnée, partager son espérance chrétienne. Il souligne l’importance d’aller à la rencontre de la personne plutôt que de vouloir apporter un message à tout prix. Si la démarche est perçue comme du prosélytisme, les portes des prisons se ferment. En revanche, quand le détenu cherche à connaître sa motivation, Serge partage sa raison de vie et l’amour de Dieu. Echanger au niveau de la foi est généralement encouragé, pour autant que cela réponde aux besoins des prisonniers.

«J’en reçois autant que je donne»
Dans le cas de ce premier détenu visité, les moments de partage ont conduit l’homme à faire une démarche avec Dieu. Ceci l’a transformé au point qu’il apaisait des tensions et distribuait des Bibles aux autres détenus. «Son comportement a changé l’atmosphère de la prison et le jour de son départ, les gardiens ont dit qu’ils allaient le regretter», se souvient Serge Hänzi.
Lorsqu’on lui demande s’il est parfois découragé, il répond résolument que non, malgré le prix de son engagement. «Je reçois au moins autant que ce que je suis venu apporter», conclut-il. Et à l’entendre, il n’est pas près de s’arrêter.

Nathania Clark

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