Lois bioéthiques: les évangéliques inquiets

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Deux associations évangéliques réagissent au projet de révision des lois bioéthiques débattues à la rentrée.

Visant notamment à ouvrir la PMA aux femmes célibataires ou aux couples lesbiens, le projet de révision des lois bioéthique sera débattu dès la rentrée. Dévoilé mi-juillet par le premier ministre Edouard Philippe, il suscite inquiétudes et questionnements.

La discrimination pour argument
Le Comité protestant évangélique pour la dignité humaine (CPDH) observe qu’aucun principe éthique n’est affirmé en préambule ou défini dans le texte: «Le gouvernement ne justifie ni ne fonde les valeurs qui devraient le guider dans ses choix alors qu’il s’apprête à modifier le sens de l’action médicale».
De son côté, l’association «Advocates France, Juristes & Chrétiens» souligne que «l’argument de la discrimination, souvent utilisé pour justifier ce choix politique est infondé en droit, la situation des couples de femmes ou des femmes célibataires n’étant pas biologiquement et médicalement similaires à celle des couples homme-femme quant à la procréation humaine». L’association juridique estime que la médecine et la société ne peuvent pas palier à tout désir: «La médecine du désir entraînera de graves dangers pour l’humanité, en faisant croire que l’être humain et en particulier les gamètes et organes de reproduction sont une denrée que l’on peut commander, échanger, choisir, manipuler.» Bien que contraire aux articles 16 et suivants du chapitre «du respect du corps humain» du Code civil, la légalisation de la GPA est en ligne de mire.

Quel est l’intérêt de l’enfant?
Où réside l’intérêt de l’enfant dans ce projet de loi? se demandent les deux organisations chrétiennes. «L’accès à l’identité du ou des parents biologiques restera aléatoire pour un enfant conçu par PMA avec un tiers donneur puisque l’enfant ne pourra, à sa majorité, obtenir des réponses à ses questions qu’en cas de consentement exprès du tiers donneur» analyse le CPDH. «Si les capacités de résilience humaine sont extraordinaires, sommes-nous en droit de créer a priori des situations de souffrance pour des enfants à naître?», questionne Advocates France.

Une pente glissante
Par ailleurs, le chapitre «Soutenir une recherche libre et responsable au service de la santé humaine» semble ouvrir une pente glissante vers la recherche sur l’embryon et donner une liberté d’action aux laboratoires, sans garantie éthique pour l’encadrer.
Au final, le CPDH juge que le gouvernement n’a pas tenu compte des avis exprimés par les Français lors des Etats généraux de bioéthique, pour lesquels il avait lui-même été auditionné. Et Advocates France de marteler que «si le droit doit s’adapter aux évolutions de la société, il constitue également un cadre protecteur par sa constance sur les principes fondamentaux définissant notre humanité».

Sandrine Roulet

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