«Beds are Burning»: Midnight oil

image: «Beds are Burning»: Midnight oil
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Midnight oil: Beds are Burning


Là-bas, le lit de la rivière est sec
Les arbres bloodwood et les chênes du désert
Les épaves d'Holden et les diesels bouillants
Grésillent par quarante-cinq degrés

Le moment est venu, que justice soit rendue
Temps de payer le loyer, de régler la note
Le moment est venu, pas d’autre issue
La terre leur appartient. Il faut la rendre

Comment danser alors que la terre tourne?
Comment pouvons-nous dormir quand nos lits brûlent?
Les 4x4 font peur aux cacatoès
De Kintore à l’Est jusqu'à Yuendumu

Le désert de l'Ouest vit et respire
Par quarante-cinq degrés
Comment danser alors que la terre tourne?
Comment pouvons-nous dormir quand nos lits brûlent?

Ces Hits entrés dans l'histoire.

Cette chanson respire la chaleur étouffante et la beauté sauvage du désert australien, pays dont Midnight Oil est peut-être l’exportation musicale la plus célèbre après AC/DC. Beds are Burning («Nos lits brûlent») dénonce l’exploitation de la terre et les injustices qui découlent du colonialisme, citant notamment le triste épisode de Kintore, une région d’où les habitants légitimes aborigènes furent chassés par le gouvernement pour en faire une zone militaire.
Cet esprit de protestation est nourri par l’engagement social et politique du chanteur du groupe, Peter Garrett et certainement aussi par sa foi chrétienne et son éthique d’inspiration évangélique. L’injustice doit toujours révolter les enfants de Dieu.
Au fil des ans, la chanson a été remaniée par Peter Garrett pour servir d’autres causes, notamment celle de la protection de l’environnement. L’interrogation du refrain «Comment pouvons-nous dormir quand nos lits brûlent?» se prête particulièrement bien à cette interprétation. Sommes-nous en train de somnoler alors que notre train de vie surconsomme les ressources de la terre? Cette question de l’insouciance humaine devant la destruction de la nature est une préoccupation majeure pour tout chrétien qui valorise l’œuvre créatrice de son Père céleste.
Mais la question interroge la société dans tous les domaines qui semblent échapper à notre vigilance. Qu’il s’agisse de finance, de politique, d’évangélisation, de responsabilité relationnelle, ou simplement de notre utilisation de la ressource irremplaçable du temps, faisons-nous preuve d’une insouciance coupable devant les enjeux de portée ultime ou éternelle? Les heures que nous passons sur les réseaux sociaux sont un indicateur intéressant de cette situation: partagez un article sur la noyade des migrants en Méditerranée, puis une vidéo dans laquelle folâtrent des chatons et comparez le nombre de «likes» que vous obtiendrez!
Bien plus qu’un simple discours alarmiste, cette chanson souligne l’importance de savoir ordonner nos priorités. En cela, Peter Garrett rejoint le psalmiste qui priait déjà: «Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse.»

Jonathan Hanley

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