Brexit, prier pour sauver les meubles

La chronique mensuelle d'Hugues Not, qui jette un regard doux-amer sur le protestantisme et la société.

Ce printemps, un appel national à la prière était lancé par les Eglises britanniques, alors que la situation était déplaisante. Theresa May s’en allait. Depuis, elle s’est encore nettement détériorée et les appels à la prière se font toujours entendre, mais peut-être pas avec autant de force que nécessaire. La nation retient son souffle, les temps sont extraordinaires.
L’Angleterre, d’ordinaire si portée à s’unir en cas de besoin, se trouve profondément divisée à l’heure où il faudrait, plus que jamais depuis la dernière guerre mondiale, se retrouver.
De fait, c’est l’incapacité du Parlement – premier pouvoir, en démocratie moderne – à s’entendre sur la manière de sortir de l’Europe qui a conduit à la crise institutionnelle actuelle. L’équation est simple: comme personne n’a réussi à se retrouver à mi-chemin, les deux issues qui restent sont les extrêmes, c’est-à-dire, soit le chef de file d’extrême-gauche Jeremy Corbyn, notoirement antisémite soit de l’autre côté, un Boris Johnson qui, dans sa logique, va jouer le peuple contre le Parlement.
Voilà qui, au passage, est européen: de n’avoir bientôt comme choix plus que le populisme ou la démocratie sans peuple... Quoi qu’il en soit, le feuilleton britannique se poursuivra vraisemblablement cet automne.
On se souvient que le réveil méthodiste, au 18e siècle, fut sans doute, grâce au profond changement social qu’il amena, ce qui permit à l’Angleterre de vivre une transition politique pacifique, à l’inverse de ce qui se traduisit en France par une Révolution sanglante.
Qu’en sera-t-il cette fois? La modérée et pragmatique Albion s’en sortira-t-elle mieux que le continent? En bien ou en mal, donnera-t-elle le ton des tendances à venir?
Ce début d’automne est un temps particulier de prière nationale et collective. Les Eglises britanniques font preuve d’unité dans leur appel non partisan. Chaque jeudi depuis six mois, l’Alliance évangélique propose fidèlement une intention de prière sur le Brexit, portant au Ciel leurs autorités.
A supposer que la prière puisse influencer le cours des marées, oui, il reste la prière.

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