Justice, paix et joie: les clés d’une vie florissante

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Qu’est-ce qu’une bonne vie? Comment définir et cultiver une existence qui ait du sens et vaille la peine d’être vécue? La réflexion de Miroslav Volf, théologien protestant, professeur à l’université de Yale et proche des évangéliques.

Voilà une question fondamentale, pourtant bien trop souvent négligée, note le théologien Miroslav Volf. Parler de good life, d’une vie «florissante», c’est ouvrir une boîte de pandore où chaque philosophie et religion apporte sa réponse. Ce pluralisme peut effrayer une société sécularisée qui se méfie des absolus. Pourtant, chacun reçoit de multiples informations pour améliorer sa qualité de vie. Pour Miroslav Volf, la question du sens demeure et appelle une réponse.

Echapper par l'Esprit au communisme
Né en 1956 en Croatie au sein d’une famille protestante, le jeune Miroslav Volf se sent marginalisé. La Yougoslavie est alors communiste et son père, pasteur pentecôtiste, marche à contre-courant du système. A l’adolescence, le jeune homme entreprend une quête existentielle. «La théologie correspondait à une recherche profonde de mon âme et de mon cœur», confie-t-il. «Et dans les circonstances où je me trouvais, à savoir la contrainte et l’oppression, j’avais une sorte de soif de liberté et elle se trouvait là, dans l’horizon large de la présence de Dieu.»
Au fil de son chemin, Miroslav Volf prend conscience que la foi chrétienne touche profondément tous les domaines de la vie, de la sphère personnelle au lien qui unit chaque chrétien au monde. «Cela me conduisait bien souvent à être en opposition avec la société.» Il découvre la valeur d’une prise de position qui prend sa source dans une confiance totale en Dieu. «Je crois que c’est ce que signifie croire en Dieu. Cela veut dire: lui confier tout ce qui fait notre vie», assure-t-il. La quête d’une vie bonne passerait-elle par un abandon de ses prétentions au bonheur? «Lorsqu’on choisit de croire dans le but de recevoir des bénédictions, on court le risque de prendre Dieu pour un “majordome céleste” qui serait au service de nos besoins. Or Dieu est le Créateur et nous sommes appelés à le servir», rappelle le théologien qui se distancie clairement d’un évangile de la prospérité.

La voie du renoncement à soi-même
Miroslav Volf évoque le récit d’Abraham, auquel Dieu demande de lui sacrifier son propre fils Isaac. «Cette volonté de faire confiance à Dieu, peu importe le prix, nous donne la liberté et le courage.» Le théologien aime aussi rappeler le récit de Job, qui jouit d’«une vie florissante» jusqu’au jour où le malheur le frappe cruellement. Les épreuves vont déstabiliser sa vision de Dieu. Job est placé devant un choix: celui de faire confiance envers et contre tout ou de se révolter. «Très souvent, quand les gens connaissent une grande souffrance, ils passent par la tentation de Job, lequel a lutté avec Dieu, mais a néanmoins tenu ferme. Et à la fin, ce fut la rédemption parce qu’il a pu passer au travers de ses souffrances. Il finit par être restauré dans sa fortune. Abraham, de son côté, deviendra le père de nombreuses nations», souligne le théologien. Et d’insister: ces bénédictions ne sont pas accordées parce que Job et Abraham les ont exigées, «mais parce qu’ils ont mis Dieu à la première place. Cela nous montre le chemin de vie que nous devrions prendre.»

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Les trois axes fondamentaux de Rom. 14,17
Pour définir une vie qui vaille la peine d’être vécue, le professeur à l’université de Yale utilise le verset suivant: «Le Royaume de Dieu n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie par le Saint-Esprit» (Rom. 14,17). La justice, la paix et la joie sont trois axes fondamentaux pour développer une vie bonne, explique Miroslav Volf.
La justice implique la droiture, le commandement d’aimer, d’honorer, de prendre soin des plus démunis.
La paix touche les circonstances de vie. En hébreu, shalom englobe la paix au niveau politique, dans les relations, la famille, mais aussi la santé et une certaine prospérité.
Et la joie conduit à être émotionnellement sain, à développer un état d’esprit qui permet de se réjouir des choses obtenues dans la vie.

Le contentement pour nouer le tout
Pour le théologien, la clé de cette vie florissante réside dans la confiance et une attitude de reconnaissance. «Notre problème n’est pas tant que nous ne possédons pas les choses que nous désirons, mais plutôt que nous ne savons pas nous réjouir de ce que nous avons reçu comme un don de Dieu.»
Comment dès lors rejoindre la société et apporter une réponse qui interpelle? Miroslav Volf invite chacun à s’identifier à la recherche que les êtres humains continuent d’avoir pour une vie pleine de sens. En restant à l’écoute de cette recherche et en posant un regard d’amour comme Jésus y invite, les croyants devraient partager leur expérience et le sens que Dieu donne à leurs vies.

Nathania Clark

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