Pyrénées: les deux croix vandalisées pas remplacées

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En septembre, les militaires du centre national d’entraînement commando ont décidé d’en rester là «par souci d’apaisement». Photo: L’ancienne croix du pic Carlit.

«Il ne faut pas oublier que le christianisme est à la base des fondements de notre pays», soupire Didier Santana. Le président dans les Pyrénées-Orientales du Conseil national des évangéliques de France (CNEF) est inquiet quant au climat de peur instauré par les récents actes de christianophobie. Or c’est dans ce contexte qu’en septembre, les militaires du Centre national d’entraînement commando (CNEC), décident de ne pas réinstaller les croix aux sommets du pic Carlit (2 921mètre d’altitude) et du Cambre d’Aze, sciées à la meuleuse à l’été 2018 avant d’être jetées dans le vide. «Il ne faut pas céder à une forme de pression quelconque», estime Didier Santana, pasteur de l’Assemblée de Dieu de Perpignan. «Les autorités doivent prendre des mesures pour sécuriser les endroits où ces croix sont installées et remettre en place la croix autant de fois qu’elle sera attaquée.»

Symbole avant tout culturel
Installées il y a de nombreuses années, les croix montagnardes servaient autrefois de point de repère aux randonneurs. En 2015, le CNEC, avec l’accord de la préfecture des Pyrénées-Orientales, décide de remplacer celles existantes par des croix plus modernes. De grands moyens sont alors déployés. Un hélicoptère dépose la nouvelle structure (un mètre quarante de haut et quarante kilos) au sommet du Carlit.
«C’était surtout un symbole qui indiquait aux gens qu’ils étaient arrivés tout en haut» indiquait, dans Le Figaro, Hélène Josende, maire d’Angoustrine, commune dont dépend le pic Carlit. Un avis partagé par le diocèse de Perpignan: «Les croix sur les sommets sont une tradition plus qu’une démonstration ostentatoire de foi.» Aujourd’hui encore, les auteurs de ces actes de vandalisme n’ont pas été identifiés mais plusieurs voix se sont fait entendre pour empêcher ce remplacement. Selon la presse locale, des militants anti-religion et des francs-maçons avaient même protesté auprès de la Préfecture.

L’incompréhension autour de la laïcité
Pour le pasteur Didier Santana, ces actes de vandalisme n’ont pas été commis «au nom du principe de laïcité mais sont du laïcisme, c’est-à-dire la volonté de supprimer toute expression religieuse.» La loi de séparation des Eglises et de l’Etat, votée en 1905, garantit une liberté pour chacun de croire ou ne pas croire et de pratiquer la religion de son choix. La méconnaissance de la laïcité serait-elle à l’origine de ces actes délibérés?

1000 actes l’an dernier
L’Observatoire de la Christianophobie dénombrait, entre janvier et juin 2019, 227 actes anti-chrétiens en Hexagone (attaques de monuments religieux, agressions physiques ou verbales de responsables de culte, cimetières profanés, etc.) contre 174 en 2018 à la même période, soit une augmentation de près de 30%. Une tendance corroborée par le Ministère de l’Intérieur dans un rapport de février 2019, lequel a recensé plus de mille actes anti-chrétiens en 2018.

Geoffrey Leplang

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