Une promesse intenable

Tergiverser sur ses promesses de campagne, telle n’est pas l’habitude de Donald Trump. Depuis son élection, il avait plutôt tracé son chemin de manière têtue, faisant la sourde oreille aux pressions internationales et à ses conseillers en interne. C’est donc de façon inattendue que la communauté internationale a été soulagée lorsqu’il a décidé de ne pas rétablir les sanctions contre l’Iran. Certes, il devra de nouveau se prononcer dans quelques semaines et le sursis accordé risque d’être éphémère, mais Donald Trump a préféré temporiser cette fois-ci.

Faut-il s’en réjouir ou le déplorer? Jésus demande à ses disciples «que votre oui soit oui et votre non, non» (Math. 5, 37). Mais d’un autre côté, les Proverbes insistent: «La sagesse est avec ceux qui écoutent les conseils» (Prov. 13, 10). Comment concilier les deux? Jacques nous aide: «Que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler» (Ja. 1, 19). Pour tenir ses promesses, encore faut-il ne pas les multiplier, mais au contraire les soupeser de manière bien réfléchie avant de s’y engager, prendre maints conseils en amont et ne pas parler à la légère. Et quand on a fait une promesse insensée, rien ne sert de vouloir à tout prix la tenir, mieux vaut humblement retourner sur la voie de la raison.

Cette année, l’Iran figure en dixième position dans la liste établie par Portes Ouvertes présentant les pays où les chrétiens sont le plus persécutés. Or, début janvier, la population iranienne, toutes religions confondues, a trouvé le courage de descendre manifester dans la rue contre la vie chère et la corruption des élites. C’est cet élan endogène contre un régime tyrannique qu’il faut soutenir. D’abord par la prière. Ensuite par une politique internationale avisée et responsable: loin d’asphyxier encore plus par des sanctions économiques une population qui souffre déjà, il faut lui permettre au contraire de s’émanciper elle-même.

Marie Lefebvre-Billiez

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