Aux premières loges d’une nouvelle vie!

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Pour devenir sage-femme

En Suisse:
L’école de sage-femme: 4 ans de formation propédeutique, puis 3 ans de bachelor qui peut se continuer par un master.
L’école d’infirmière sur 3 ans, puis 2 ans de complément pour être sage-femme (formation plus condensée).

En France:
Une année de médecine et 4 ans de formation de sage-femme.

Laura, une Suissesse de 27 ans, travaille en hôpital dans le secteur de la maternité. Elle nous fait découvrir les facettes de ce beau métier.

Pourquoi as-tu choisi le métier de sage-femme?
J’ai toujours été fascinée par ce métier en créant des histoires ou en regardant des reportages sur le sujet! J’aime le contact avec la femme, avec les familles et avec le nouveau-né. J’ai la chance d’apporter quelque chose aux membres de la famille, en leur donnant confiance, en les valorisant et en leur permettant de s’installer dans ce métier de parents. J’ai l’honneur d’être aux premières loges en accueillant ces bébés dans leurs premiers pas dans la vie et en priant pour eux.

Quel est ton rôle?
Je donne des cours de préparation à la naissance. J’explique aux futurs parents le fonctionnement du corps, le déroulement de la grossesse et toutes les informations et conseils qu’il est utile de connaître. Je m’occupe aussi de la prise en charge pendant la grossesse. Ensuite, j’assure le suivi en salle d’accouchement avec l’une des deux casquettes: soit je m’occupe de la maman et accompagne le papa, soit je prends soin du bébé en répondant à ses besoins et en effectuant des vérifications pour voir comment il va. Après la naissance, je gère le post-partum, c’est-à-dire le suivi du bébé afin de surveiller son évolution. J’accompagne aussi le père et la mère dans leurs premiers pas de parents.

Quelles sont les qualités requises pour exercer le métier de sage-femme?
Il faut être quelqu’un de responsable et savoir faire preuve de sang-froid. Il est aussi nécessaire d’avoir du caractère pour faire face à des situations délicates et d’urgence ainsi que pour savoir se positionner et être sûr de nos actions. Ensuite, il est important d’être à l’écoute de l’autre, de savoir réagir face aux questions et au stress des parents. Sans oublier qu’il est utile de faire preuve de patience et de créativité en s’adaptant parfois aux moyens à disposition. Enfin, il faut être prêt à collaborer et être flexible, car un grand nombre de professionnels gravitent autour de nous.

Quels sont les aspects les plus difficiles du métier? Pour moi, c’est la frustration de ne pas pouvoir rejoindre la femme dans ses besoins à 100% puisque nous devons parfois faire face à une surcharge de travail. Il y a aussi parfois la difficulté de la langue du couple. Il s'agit donc de varier le mode de communication. Devoir faire face à des situations de vies sociales compliquées n’est par ailleurs pas toujours évident.

Le plus défiant, c’est le rapport à la mort. Nous devons accompagner les couples qui perdent un enfant pour des raisons inconnues ou qui font face à une fausse couche tardive. Il faut s’occuper de ces petits bébés sans vie.

Enfin, ce n’est pas un métier facile tous les jours sur le plan éthique: je dois parfois confronter mes valeurs professionnelles à mes valeurs personnelles. Je dois trouver le juste milieu en sachant que je ne peux pas refuser l’accompagnement de quelqu’un à cause de ses choix de vie (interruption de grossesse par exemple). Néanmoins, je peux valoriser la femme dans qui elle est. Etre sage-femme me demande un grand travail sur mes émotions pour tenir bon face aux couples que je rencontre.

Par Joëlle Lehmann

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