Game over? Non, il y a une autre issue!

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La majorité des gamers gèrent leur pratique des jeux vidéo. Mais Pierre-Gabriel était, lui, complètement accro. Avant d’être touché en plein cœur.

«Ce monde des jeux vidéo dans lequel je passais la totalité de mon temps libre m’a coupé de tout contact social, que ce soit ma famille ou mes amis. J’étais devenu un No life.» Oui, Pierre-Gabriel n’avait pas de vie. Si ce n’est celle distillée à travers l’écran.
A l’époque, cela ne lui posait aucun souci. C’était un moyen de s’évader. «Mais en réalité, je recherchais toujours à atteindre le sommet dans chacun des jeux auxquels je jouais», raconte-t-il. «Je voulais toujours monter dans le classement avec une seule obsession: prouver aux autres que j’étais le plus fort. Je n’avais pas conscience de cela.»

Jésus a remporté la victoire
Plus tard, en discutant avec un pasteur, Pierre-Gabriel a compris les raisons de son comportement. Tout remontait au Collège où, avec son seul véritable ami, il était la cible de moqueries. «Je passais mes nerfs dans les jeux vidéo. Ainsi, je n’avais plus de haine à leur égard et je pensais leur avoir pardonnés», explique-t-il.
Aujourd'hui, Pierre-Gabriel a réalisé que ce n’était pas du pardon. «J’étais juste allé me venger ailleurs, dans un monde où tout est permis, où tuer n’est pas interdit mais au contraire récompensé. Dans un monde où l’on peut vaincre et mériter des récompenses par nos propres forces. Mais ce n’est pas ce que Dieu veut pour ma vie. Jésus a déjà remporté la victoire. Et les récompenses dans notre vie ne se méritent pas mais sont une grâce de Dieu.»

Un rêve qui change tout
Pierre-Gabriel s’était limité l’accès aux jeux jusqu’à ce qu’il comprenne ses motivations à jouer. Avoir pour seul objectif de dégommer les autres n’est par exemple pas une bonne raison. D’ailleurs, une nuit, il avait fait un cauchemar à ce sujet. Il incarnait son personnage virtuel et, face à un joueur venant lui demander de l’aide, il l’a «tué». «Ce n’était qu’en rêve. Mais j’ai senti comme un déchirement dans mon cœur. C’était si terrifiant que je me suis réveillé. Je pense que ce rêve me venait de Dieu et qu’il voulait me faire comprendre que j’avais de mauvais comportements et de mauvaises intentions.»
Pierre-Gabriel, qui a grandi dans une famille où on lui a parlé de Dieu et de la Bible, s’est récemment fait baptiser. 

Deux questions à Léonard Vullioud, psychothérapeute:
A partir de quel moment faut-il se poser des questions sur son comportement de joueur?

Les jeux vidéo ont une dimension captivante très forte. Dès lors, c'est souvent l'entourage qui fait office de sonnette d'alarme. Ta conscience -en jouant- est en quelque sorte assoupie. De plus, le jeu comporte une dimension de plaisir qui envoie un signal du style «tout va bien».
Voici deux pistes en lien avec l'expérience de Pierre-Gabriel afin d'éviter de dépasser la ligne rouge. 1. Maintenir prioritairement un contact avec ta famille et tes amis à tout prix. Autrement dit: «Cher jeu vidéo, tu n'as pas le droit de tuer mes proches!» 2. Demande-toi si tu utilises les jeux vidéo pour t'évader, pour te soulager d'un vécu douloureux, d'une blessure.

Que puis-je faire si je sens qu’il y a un problème?
Si tu n'arrives plus à rester en lien avec tes proches et/ou que tu joues pour tenter d'avoir moins mal, il est temps d'en parler. Cherche autour de toi une personne de confiance afin de partager ce que tu vis. Et si tu n'as vraiment personne, tu peux composer le numéro 147 (en Suisse) ou 119 (en France) et recevoir une écoute confidentielle et professionnelle.

Par Michael Bassin

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