Un succès qui mène à l’Apocalypse

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Présenter les Evangiles en manga? L’idée avait étonné il y a dix ans. Mais elle a emballé un wagon de lecteurs. Depuis, presque toute la bible a été adaptée dans ce style. L’apocalypse le sera en 2019. Interview de Ruben Nussbaumer, directeur de la maison d’éditions BLF.

Ruben Nussbaumer, pourquoi avoir décidé un jour de se lancer dans l’édition de mangas?
Nous avons reçu en 2007 un exemplaire de Manga Le Messie en anglais. Cela a été le coup de foudre, il fallait le faire en français car le manga était très fidèle au texte biblique et le style manga correspond parfaitement à ce que les Français aiment lire. C’était une belle manière de faire découvrir les textes bibliques à des gens qui n’ouvriraient pas forcément la Bible par eux-mêmes.

La Bible en manga a de grands fans dans les milieux chrétiens. Mais d’autres personnes sont plus réticentes. Pourquoi?
Quand le premier opus de la Bible Manga est sorti en 2008, beaucoup de chrétiens ont découvert ce qu’était le manga. Ils ne connaissaient pas ce genre pourtant déjà si répandu en France. Et ce qui est nouveau fait souvent peur. C’était comme le jazz à une époque! Il faut aussi noter que le manga est souvent associé à des thématiques incompatibles avec le message chrétien: sexualité débridée, violence, drogue... Mais rappelons-le: le manga n’est qu’un style japonais de bande-dessinée. Il est tout à fait possible de véhiculer un message positif, compatible avec la Bible, sous forme de manga.

Après avoir publié les Evangiles, la suite du Nouveau Testament (à l’exception de l’Apocalypse), l’Ancien Testament et Le Voyage du Pèlerin (un classique de la littérature chrétienne) en manga, quels sont vos projets?
Je vais vous faire une confidence. En 2019, nous prévoyons de publier le dernier volume de la Bible manga: l’Apocalypse. Une équipe est au travail pour valider le scénario. Il doit être le plus fidèle au texte biblique et c’est un défi théologique de taille pour l’Apocalypse. En parallèle, l’artiste travaille sur les personnages et le story board. D’ici octobre 2018, le texte sera validé et le coloriage commencera. Il reste encore beaucoup de travail, mais le résultat sera époustouflant!

A quoi faites-vous particulièrement attention lors de la publication d’un manga?
La qualité du scénario est primordiale. Et quand il s’agit d’une adaptation d’un texte existant, il doit aussi être le plus fidèle possible. Ensuite, viennent les dessins. Ils doivent être d’une qualité irréprochable et surtout plaisants à regarder. Et la dernière chose est sans doute la plus importante: quel sera l’impact spirituel du livre dans la vie des lecteurs? Nous voulons que le livre marque positivement la vie des jeunes et des moins jeunes qui vont le lire.


Touchée au Salon du livre
En 2012, Joan visite le Salon du Livre à Paris. Elle s’arrête longuement sur le stand qui présente la Bible manga. Là, l’artiste Kelly Shinozawa lui fait un dessin, le directeur des éditions lui parle de sa foi et Joan achète un exemplaire de Le Messie en manga.
Quelques années plus tard, fraîchement convertie, Joan revoit le directeur de la maison d’édition. Et elle lui fait part de ses souvenirs de 2012: «Ce jour-là, je suis sortie du Salon du livre avec mon manga sur Christ. J’étais libre, c’était la première fois que je pouvais parler de Dieu aussi librement. Je suis rentrée chez moi avec une immense joie qui a contribué à mon avancement vers Dieu.»

Il dévore les mangas
Gabriel a reçu son premier manga à l’âge 8 ans. Dix ans plus tard, il en est un grand fan. «J'apprécie le dynamisme des mangas donné par les dessins, le découpage des cases, les dialogues, la forme des bulles et les expressions des visages», explique-t-il. «Il y a du rythme et du mouvement, de la vie, comme dans un film. Il y a beaucoup d'onomatopées pour simuler les sons.»
Gabriel lit toutes sortes de mangas, «sauf ceux avec de l'érotisme». Par ailleurs, il n'aime pas ceux où la violence est juste présente pour provoquer de l'émotion.
Avec ses personnages représentés en héros stylisés, la Bible en manga donne une image romanesque du récit biblique. Mais cela ne dérange pas Gabriel. «Ça peut être un bon début pour lire la Bible. Le lecteur retiendra les histoires et les personnages. De plus, ces mangas-ci sont en couleurs et se lisent dans le sens occidental.»
Son conseil à qui voudrait essayer? «Il y a tellement de différents styles: à chaque personne de trouver celui qui lui convient. Si en lisant, on trouve quelque chose de malsain, il vaut mieux arrêter. Il faut savoir qu'on devient vite accro».

Par Michael Bassin

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