Elle s'est battue pour réaliser son rêve

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Quand elle avait 13 ans, Mirna, une jeune fille hondurienne, rêvait de travailler à la banque centrale de son pays. En septembre dernier, son rêve s'est réalisé, malgré des épreuves violentes.

Mirna est née dans une famille très pauvre d'une petite ville loin de tout. «Lorsqu'il pleuvait, l'eau traversait les fines planches de notre maison», raconte-t-elle. Et comme si cela ne suffisait pas, son père frappait sa mère et ses trois frères. Lorsque Mirna a eu cinq ans, son père a quitté la famille.

Abusée dès son enfance
Sa mère s'est alors mise à travailler. «Lorsqu'elle s'absentait, elle me confiait à des voisins. Les quatre jeunes hommes de la famille se sont mis à abuser de moi.» Les larmes aux yeux, Mirna raconte que ceux qui étaient censés assurer sa sécurité l'agressaient. Quelques années plus tard, la sœur aînée de Mirna a quitté la famille pour vivre avec un homme marié et plus âgé qu'elle. «Elle voulait fuir la pauvreté», explique Mirna. Celui-ci l'a entraînée dans la capitale, l'a mise enceinte et l'a fait travailler. «Il lui confisquait l'argent.» La sœur de Mirna a réussi à lui échapper et est rentrée. Un an plus tard, une schizophrénie (trouble mental) lui a été diagnostiquée.

Mirna peut aller à l'école
Durant ce temps-là, l'organisation chrétienne Compassion a proposé à Mirna de la parrainer. Depuis, elle est allée à l'école. «Personne de ma famille ne croyait que je pourrais faire quelque chose de bien de ma vie. Ils me disaient que je perdais mon temps.» Heureusement, dans les activités du centre d'accueil, on lui a parlé de l'amour de Jésus, de l'espérance qu'il nous a apporté. «Jésus a été le premier à croire en moi», se rappelle-t-elle. C'est ainsi qu'elle s'est mise à rêver grand.

Long chemin semé d'embûches
Tous les problèmes n'ont pas disparu pour autant. En 2015, son neveu est à son tour diagnostiqué avec une schizophrénie. La mère de Mirna a elle aussi des problèmes de santé. Sur le plan des études, Mirna a pu entrer à l'université. Mais son entourage avait raison; elle devait travailler deux fois plus que les autres étudiants pour rester dans la course.
De peur de ne pas y arriver, elle s'est mise à imiter ses copains et à tricher. Jusqu'au jour où Dieu lui a montré «qu'il n'y avait pas de grands et de petit péchés». En renonçant à cette «solidarité», elle a perdu ses amitiés. De plus, les problèmes de sa famille et la pression des études l'ont fait sombrer dans une dépression. «J'ai prié Dieu. J'étais vraiment frustrée», raconte-t-elle, les larmes aux yeux.

Un engagement sur tous les fronts
Mais Mirna s'est accrochée. Non seulement, elle a poursuivi ses études mais elle a accueilli chez elle dans la capitale sa mère dont la santé s'est détériorée à toute vitesse. Mirna aurait pu en vouloir au faible système de santé de son pays, à son père, ses frères et sœurs qui étaient absents dans l'épreuve. Lors d'un week-end avec son Eglise, c'est pourtant l'inverse qui s'est produit. «Dieu a préparé mon cœur pour le pardon. J'ai pardonné à mon père, à mes frères et même aux hommes qui ont abusé de moi», témoigne-t-elle.
Mirna nous a raconté son histoire en novembre 2018, tout juste trois mois après le décès de sa mère et une semaine après qu'elle ait accueilli son neveu de dix-sept ans dont sa sœur ne s'occupe plus. «Le fondateur de Compassion aurait pu détourner son regard des orphelins de la guerre de Corée dans les années 50. Et je ne serai probablement pas devenue cette économiste qui travaille à la banque nationale du Honduras». Mirna s'est donc mis en tête de lui offrir une formation professionnelle et dans l'immédiat, de lui assurer une alimentation équilibrée, de l'exercice physique et un environnement sain. Déterminée, Mirna conclut: «Une chose est sûr: si on me demande de faire quelque chose d'illégal, je préfère perdre mon emploi. Dieu a été fidèle jusqu'ici. Il le sera à l'avenir aussi.»

Par Christian Willi, christian@just4u.org

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