Suicide: ne pas rester muet

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L’encouragement entre amis

Dans leur bouquin «Je connais quelqu’un qui a des pensées de suicide» (éd. Maison de la Bible), Josh McDowell et Ed Stewart donnent quelques pistes concrètes pour savoir comment agir si tu suspectes un pote d’avoir des idées noires. Premièrement, il faut se comporter en ami, apporter de la consolation, du soutien et de l’encouragement. Il s’agit de satisfaire à ses besoins immédiats.
Deuxièmement, avec tact et si tu sens la personne ouverte, tu peux essayer d’aider ton ami à se voir avec les yeux de Dieu. Car Il nous voit comme des personnes attachantes, précieuses et utiles.

Le suicide est un drame qui touche malheureusement énormément de monde. Il ne devrait pas être un sujet de gêne ou tabou. Nous devons en parler!

Que tu sois en proie à des pensées suicidaires ou que tu soupçonnes un proche d’être dans ce cas-là, il est fondamental d’essayer d’en parler. Car le suicide ne devrait pas être un sujet tabou. Une fois le point de non-retour atteint, il sera trop tard. D’après Léonore Dupanloup, membre de l’association Stop Suicide, le suicide n’est jamais le résultat d’une cause unique. Il est toujours dû à une accumulation de causes multiples. «L’élément déclencheur est comme la fameuse “goutte d’eau” qui fait déborder le vase, déjà bien rempli par d’autres causes», note-t-elle. C’est pourquoi, parler de ces autres causes avant que le vase soit plein permet une sorte d’écoulement. Aussi léger soit-il, c’est toujours ça de pris avant que la dernière goutte le fasse déborder.

Comment aborder ce sujet?
Lorsqu'un ami, une connaissance évoque le suicide, il s'agit de le prendre au sérieux. «Toute mention du suicide dans une conversation, même indirecte, même anodine ou “pour rire” doit être prise au sérieux», avertit Léonore Dupanloup.

Léonore Dupanloup explique que les signes alarmants permettant de reconnaître une personne en proie à des pensées suicidaires, «c’est souvent lorsqu’on a l’impression de ne pas reconnaître la personne telle qu’on la connaît». Il faut alors être particulièrement attentif. Elle cite des exemples tels que des changements de comportements ou des changements physiques (isolement, prise/perte de poids importante), des conduites à risque répétées et extrêmes, des baisses d’énergie et/ou de motivation, des baisses de résultats scolaires.

Léonore Dupanloup recommande de ne jamais forcer une personne à en parler, ni de la culpabiliser si elle ne le fait pas. L’idée serait plutôt de créer une ouverture pour que la personne se sente libre de se confier, sans pression. «Pourquoi ne pas proposer une activité-prétexte, en tête-à-tête, pour créer un environnement propice à une discussion plus profonde? Ou aborder le sujet de manière indirecte en se servant d’événements précis: sortie d’un livre, d’un film, article de journal à ce sujet?» Léonore Dupanloup précise qu’il est important d’en parler avec la personne concernée en dehors des périodes «de crise» où elle semble aller mal.

Et toi, ça t'a déjà traversé l'esprit?
Et toi, peut-être as-tu déjà eu des pensées de ce genre? Ou soupçonné une personne de ton entourage d’en avoir? Si c’est le cas, surtout ne reste pas seul. Parles-en avec des proches ou des spécialistes. Il existe dans chaque pays des numéros d’écoute et de conseils pour cela (147 en Suisse, 119 en France). Autant en faire trop, que pas assez!

Par Gaëlle Monayron

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